Réponse courte à la question de savoir si vous avez besoin d’un certificat SSL : oui — et un certificat gratuit suffira presque certainement.
La réponse longue est utile, parce que la question « quel certificat choisir ? » est généralement posée à quelqu’un qui gagne sa vie en vendant des certificats. Voici la même chose sans ce conflit d’intérêts — avec trois faits vérifiables à la source et une échéance qui tombe le mois prochain.
Ce que vous trouverez dans cet article. Ce qui change dans Chrome en octobre 2026, pourquoi le renouvellement manuel d’un certificat une fois par an vient de devenir impossible, un arbre de décision pour choisir votre certificat, une réponse honnête sur le coût, ce que dit le droit suisse sur le chiffrement, et les trois défauts SSL que nous trouvons le plus souvent lors de nos audits.
SSL et TLS désignent le même mécanisme sous deux noms. SSL est venu en premier et a été abandonné il y a des années ; TLS lui a succédé, et c’est lui qui protège aujourd’hui chaque connexion. Le nom « SSL » est resté dans le vocabulaire du métier et dans le nom des produits : en achetant un « certificat SSL », vous achetez donc un certificat TLS. La distinction n’a aucune portée pratique, et nous la mentionnons uniquement pour que deux appellations dans une offre ne ressemblent pas à deux produits différents.
HTTPS, c’est la connexion ordinaire à un site, enveloppée dans ce chiffrement. Sans lui, tout ce qu’une personne saisit dans un formulaire — nom, téléphone, contenu de sa demande — circule sur le réseau sous une forme lisible en chemin. Le certificat joue deux rôles à la fois : il fournit les clés du chiffrement et il atteste que le serveur à l’autre bout est bien celui qu’il prétend être. C’est ce second rôle qui explique pourquoi des organismes délivrent des certificats, au lieu que chacun génère le sien. C’est aussi pour cela que l’on parle indifféremment de certificat HTTPS : c’est la même pièce, vue du côté de l’adresse.
Deux changements se déroulent en parallèle. Le premier se voit du côté de l’utilisateur, le second du côté de celui qui entretient le site — et c’est le second qui surprend le plus souvent.
Chrome cesse de traiter l’absence de HTTPS comme un détail. Google l’a annoncé sur son blog consacré à la sécurité, et le calendrier se déroule en deux étapes :
Concrètement, cela signifie une chose : un site sans certificat cessera tout simplement de s’ouvrir. À sa place, l’utilisateur verra une question lui demandant s’il veut vraiment y aller — une question que l’on pose une fois, et à laquelle on répond « non ».
À noter ce que ce changement ne concerne pas : les réseaux locaux et les adresses privées, qui n’ont aucun moyen d’obtenir un certificat. La variante que Google active vise les sites publics.
C’est la partie que la plupart des guides laissent passer, parce qu’elle se produit sans bruit.
En avril 2025, le CA/Browser Forum a adopté le Ballot SC-081v3 — à l’unanimité, avec le soutien d’Apple, de Google, de Mozilla et de Microsoft. La durée de validité maximale d’un certificat de confiance publique raccourcit en trois étapes :
À partir du | Validité maximale |
|---|---|
15 mars 2026 | 200 jours |
15 mars 2027 | 100 jours |
15 mars 2029 | 47 jours |
Le premier palier est déjà en vigueur. Autrement dit, le modèle « nous achetons un certificat pour un an et nous l’installons à la main » a cessé de fonctionner en mars — pas dans trois ans, il y a six mois.
La conclusion est pratique et vaut pour quiconque possède un site : le renouvellement automatique n’est plus un confort, c’est une condition de continuité. Un certificat renouvelé à la main tous les 200 jours, ce sont deux occasions par an d’oublier — et un site dont le certificat a expiré ne s’affiche pas du tout : il montre un avertissement plein écran.
Les certificats gratuits de Let’s Encrypt se renouvellent automatiquement depuis le premier jour, grâce au protocole ACME. Pour les certificats payants, cela dépend du fournisseur — et c’est aujourd’hui une question plus importante que le prix.
Des échéances que vous n’avez pas fixées
CA/Browser Forum, Ballot SC-081v3 ; blog sécurité de Google
Quel certificat SSL choisir — deux questions
Élaboration propre
Les trois types de certificats ne diffèrent que par ce que l’émetteur vérifie avant de le délivrer — pas par la force du chiffrement. C’est la première chose à savoir, parce qu’on vous la vend parfois à l’envers :
Le chiffrement est identique dans les trois cas. La différence porte sur ce qui est inscrit dans le certificat, pas sur la qualité de la protection des données.
Cette question revient plus souvent que celle de l’EV ; elle mérite donc sa propre réponse.
Un certificat wildcard couvre d’un coup tous les sous-domaines d’un même niveau — boutique.entreprise.ch, espace-client.entreprise.ch, app.entreprise.ch — au lieu d’un certificat par sous-domaine. Il ne couvre en revanche pas le niveau inférieur : un certificat pour *.entreprise.ch ne protège pas test.boutique.entreprise.ch.
Quand il a du sens : lorsque les sous-domaines sont nombreux et qu’ils apparaissent de façon imprévisible — chaque nouveau fonctionne alors immédiatement, sans que personne doive penser à émettre un certificat. C’est typiquement le cas des entreprises qui ouvrent des adresses séparées pour une boutique, un espace client ou un environnement de test. Pour une entreprise qui publie son site en français et en allemand, la même logique vaut si les langues vivent sur des sous-domaines (fr.entreprise.ch, de.entreprise.ch) ; si elles vivent dans des répertoires (entreprise.ch/fr/), un certificat ordinaire suffit.
Quand il n’en a pas : pour un site unique avec www. Ce cas est couvert par un certificat ordinaire émis pour deux noms — entreprise.ch et www.entreprise.ch — et c’est exactement ainsi que Let’s Encrypt l’émet automatiquement. Acheter un wildcard pour cela, c’est une dépense sans aucun effet.
Bon à savoir : le wildcard existe aussi gratuitement. Let’s Encrypt en délivre depuis 2018 ; la vérification passe alors par une entrée DNS au lieu d’un fichier déposé sur le serveur. Tous les hébergeurs ne le permettent pas depuis leur panneau de gestion — et c’est la seule raison réelle pour laquelle on achète parfois un wildcard payant.
Les certificats EV se sont vendus avec l’argument de la barre verte portant le nom de l’entreprise dans le navigateur. Cette barre n’existe plus depuis 2019. Chrome a retiré le nom de l’entreprise de la barre d’adresse dans sa version 77, Firefox dans sa version 70, et Google l’a justifié sans détour : son équipe de sécurité a conclu que l’interface EV ne protégeait pas les utilisateurs comme prévu, les études montrant que les gens ne comprenaient pas ce que signifiaient les différentes couleurs de la barre.
Le nom de l’entreprise reste consultable — après un clic sur l’icône à gauche de l’adresse, c’est-à-dire à un endroit que seuls les spécialistes regardent.
Acheter un certificat EV « pour le prestige » ou « pour inspirer confiance », c’est donc payer pour quelque chose que votre client ne verra pas. Il reste une seule différence réelle : le montant de la garantie prévue par la police d’assurance de l’émetteur — un argument qui compte pour vous ou non, mais qu’il faut appeler par son nom.
C’est le deuxième mythe de la même famille, et il est plus dangereux — parce qu’il ne concerne pas ce que vous achetez, mais ce que vous apprenez à vos clients.
Le cadenas dans la barre d’adresse dit une seule chose : la connexion à ce serveur est chiffrée. Il ne dit pas qui se trouve de l’autre côté, si l’entreprise existe, ni si la boutique enverra la marchandise commandée. Un certificat DV n’atteste que le contrôle du domaine — et le contrôle du domaine, n’importe quel escroc qui l’a enregistré dix minutes plus tôt l’a aussi.
Google l’a expliqué dans une note sur le changement de l’icône du cadenas, en citant ses propres études :
Résultat : en septembre 2023, avec Chrome 117, le cadenas a disparu, remplacé par une icône de réglages neutre. Google l’a justifié en une phrase : la nouvelle icône ne suggère pas « digne de confiance ». Le HTTP reste signalé comme non sécurisé — la seule chose qui a changé, c’est que le chiffrement a cessé d’être récompensé par un badge.
Pour une entreprise, la conclusion est double. D’une part, le HTTPS est aujourd’hui une condition d’entrée, pas un argument : inutile de s’en vanter sur son site. D’autre part, si votre communication clients contient la phrase « vérifiez le cadenas pour savoir que le site est sûr », elle est fausse, et mieux vaut la remplacer par quelque chose qui protège vraiment : vérifier l’adresse du domaine.
Le plus souvent, rien. Let’s Encrypt délivre des certificats DV gratuitement, automatiquement et sans abonnement ; la plupart des hébergeurs et tous les panneaux de gestion sérieux les prennent en charge. Ce prix de zéro est celui de l’émetteur, valable partout, et nous ne le convertissons pas.
Un certificat payant coûte un montant très variable selon le fournisseur et le niveau de vérification, et une version EV coûte plusieurs fois plus. Nous n’avons pas relevé les prix pratiqués en Suisse, et nous ne publions donc pas de fourchette. Ce qui ne varie pas, c’est ce que cette somme achète : la vérification de l’entité et une police d’assurance, pas une meilleure sécurité.
Pour être complet sur nos propres chiffres : notre calculateur compte une ligne « Domaine + SSL » à 18 CHF par an. C’est un forfait qui réunit le nom de domaine et son certificat, pas le prix d’un certificat seul — et le certificat qu’il contient est justement du type gratuit décrit ici, renouvelé automatiquement.
Un certificat gratuit n’est parfois gratuit que de nom. Pratiques à surveiller dans les offres d’entrée de gamme :
Aucune de ces pratiques n’est illégale, et aucune ne vous concerne forcément — mais elles sont assez fréquentes pour justifier une question à votre hébergeur avant de prolonger le contrat : Let’s Encrypt est-il disponible, se renouvelle-t-il tout seul, et est-ce sans supplément ?
Avec des certificats à durée de validité de plus en plus courte, la question du renouvellement automatique cesse d’être une curiosité technique. En 2029, un renouvellement manuel reviendrait à répéter l’opération huit fois par an.
Puisque le certificat est souvent gratuit, disons clairement ce que l’on paie à une entreprise comme la nôtre — car ce n’est pas la même chose.
Vous ne payez pas les lettres inscrites dans le certificat. Vous payez pour que personne ne voie jamais d’avertissement. Un certificat gratuit se renouvelle automatiquement — tant que le script de renouvellement fonctionne, que le serveur répond et que le domaine pointe là où il doit. Dès qu’une de ces conditions n’est plus remplie, le certificat expire sans bruit, et le premier signal est souvent l’appel d’un client qui n’arrive pas à ouvrir le site.
Avec une validité ramenée à 200 jours, ces occasions surviennent deux fois par an, et à partir de 2027 près de quatre fois. Le service qui vaut d’être payé, c’est la surveillance de l’échéance, une vérification après chaque renouvellement et une intervention avant que quiconque ne le remarque de l’extérieur. Le certificat est gratuit ; l’attention de quelqu’un ne l’est pas.
Un formulaire de contact collecte des données personnelles — nom, adresse électronique, téléphone, parfois un message qui est en soi une information sur le client. Il vaut la peine de séparer deux choses que les discussions commerciales ont tendance à mélanger.
Premièrement : la protection de la transmission. En Suisse, la loi fédérale sur la protection des données révisée, en vigueur depuis le 1er septembre 2023, demande à son art. 8 que le responsable du traitement et ses sous-traitants assurent, par des mesures organisationnelles et techniques appropriées, une sécurité adéquate des données personnelles par rapport au risque encouru ; ces mesures doivent permettre d’éviter toute violation de la sécurité des données. Le texte ne nomme ni le chiffrement ni HTTPS — il fixe un niveau, pas une technique. Mais envoyer aujourd’hui des données personnelles par une connexion non chiffrée est difficile à défendre comme « adéquat », alors que le chiffrement est gratuit et universel. L’argument « nous n’en avions pas les moyens » a disparu le jour où les certificats sont devenus gratuits.
Si votre entreprise s’adresse aussi à des clients dans l’Union européenne, une seconde couche peut s’ajouter. Le RGPD s’applique à un responsable établi hors de l’Union lorsque son traitement est lié à l’offre de biens ou de services à des personnes qui se trouvent dans l’Union, ou au suivi de leur comportement (art. 3, par. 2). Et son art. 32, par. 1, let. a, cite le chiffrement en toutes lettres parmi les mesures de sécurité à mettre en œuvre selon les besoins. Savoir si votre activité tombe sous ce régime est une question à trancher avec un juriste ; ce qui compte ici, c’est que les deux textes vont dans le même sens.
Deuxièmement : le type de certificat. Et c’est là l’essentiel : aucune de ces dispositions n’impose l’achat d’un certificat commercial. Un certificat gratuit chiffre la transmission exactement de la même manière — même protocole, mêmes algorithmes, bit pour bit. La conformité s’obtient parce que les données sont chiffrées, pas parce que le certificat a coûté quelque chose.
La conclusion pratique pour une entreprise : dès qu’un formulaire figure sur le site, le HTTPS cesse d’être une question de confort et devient un point que tout audit de conformité et tout gros client vérifiera lors de l’évaluation d’un fournisseur. Mais la question posée sera « la transmission est-elle chiffrée ? », et non « avez-vous payé votre certificat ? ».
Deux situations, deux procédures. La première est courte ; la seconde demande de l’attention, parce qu’elle change toutes les adresses du site d’un coup.
Quatre étapes, dans cet ordre. Chez un hébergeur ordinaire, l’ensemble prend un quart d’heure.
http:// sont restées écrites en dur dans le contenu.La quatrième étape est la plus souvent oubliée, parce que les trois premières produisent un effet immédiat et donnent l’impression que tout est fini.
C’est une autre situation qu’un nouveau site. Pour un site qui a déjà du trafic et des positions, passer au HTTPS revient à changer toutes les adresses du site en même temps — car http://entreprise.ch/offre et https://entreprise.ch/offre sont deux adresses différentes pour un moteur de recherche. L’opération est sûre à condition de la mener jusqu’au bout. Une migration à moitié faite peut éclater la visibilité entre deux versions du site, dont aucune n’est complète.
L’ordre compte. Chaque étape ferme une voie par laquelle le trafic pourrait rester sur les anciennes adresses.
Le certificat doit couvrir l’adresse avec www et sans www. Avant de rediriger quoi que ce soit, assurez-vous que les deux versions s’ouvrent en HTTPS sans avertissement — sinon, la redirection enverra vos visiteurs droit sur l’avertissement.
Let’s Encrypt émet le certificat pour les deux adresses à la fois, si elles pointent vers le même serveur.
La redirection doit être de type 301 ou 308 et mener d’adresse à adresse — /offre vers /offre, pas tout vers la page d’accueil. Rediriger tout le site vers la page d’accueil est la manière la plus courante de perdre ses positions lors de cette opération.
Contrôlez sur plusieurs pages, pas seulement sur la page d’accueil.
Liens internes, images, fichiers à télécharger, cartes intégrées et scripts. Tout ce qui est resté en http:// sera soit bloqué par le navigateur, soit cassera l’indicateur de sécurité sur la page concernée.
Le plus simple est de rechercher dans la base la chaîne `http://votredomaine` et de la remplacer par la version sans protocole ou en `https://`.
Le plan du site et le fichier robots.txt doivent contenir des adresses en HTTPS. Si le code de vos pages contient une balise canonical, elle doit elle aussi pointer vers la version chiffrée — sinon, c’est vous-même qui demandez au moteur de recherche de revenir aux anciennes adresses.
La Search Console traite HTTP et HTTPS comme deux propriétés distinctes. Sans ajouter la nouvelle, vous ne verrez pas si la migration a réussi. Au passage : l’adresse du site dans Google Analytics, dans votre fiche Google et dans vos annonces doit aussi être remplacée.
Pendant quelques semaines après la migration, le rapport d’indexation montrera les deux variantes. C’est normal.
La bascule côté moteur de recherche n’est pas immédiate. La migration est terminée lorsque les résultats ne contiennent plus d’adresses en http:// et que le rapport d’indexation ne signale aucune erreur sur la nouvelle version.
Pour un site d’entreprise ordinaire, l’opération complète représente une ou deux heures de travail. Le risque ne tient pas à la difficulté, mais au fait qu’il est tentant de s’arrêter après la deuxième étape — le certificat est là, le site fonctionne, et la moitié des ressources continue de se charger par l’ancien canal. Un site multilingue ne complique pas la procédure, il la multiplie : chaque version linguistique a ses propres adresses à rediriger une à une, et c’est dans la langue que personne ne consulte au quotidien qu’un oubli reste le plus longtemps invisible.
La question paraît triviale, jusqu’au jour où le certificat expire un samedi.
Avec une validité ramenée à 200 jours, le renouvellement tombe deux fois par an, et dès 2027 près de quatre fois. Aucune de ces dates ne coïncidera avec le moment où quelqu’un y pense. La seule réponse raisonnable à « qui renouvelle ? » est donc : personne, parce que c’est un automate qui s’en charge. Si ce n’est pas le cas chez vous, trois choses méritent d’être établies et notées au même endroit :
Ces trois réponses prennent cinq minutes si vous les vérifiez maintenant, et une journée entière si vous les cherchez au moment où le site ne fonctionne plus.
Mieux vaut être précis ici, car deux extrêmes circulent.
Le HTTPS est un signal de classement, et Google l’a confirmé publiquement — mais un signal léger, qui départage plutôt deux résultats équivalents qu’il ne fait levier. Ajouter un certificat à un site sans trafic ne lui en apportera pas.
Le vrai dommage de l’absence de HTTPS est indirect, et il est plus important que le classement : les gens s’en vont à la vue d’un avertissement. À partir d’octobre, tout le monde verra cet avertissement ; ce coût indirect vient donc d’augmenter. C’est la raison d’avoir un certificat — pas la promesse de meilleures positions.
Trois défauts que nous trouvons le plus souvent, trois causes d’avertissement malgré un certificat valide, et un test de quatre minutes à faire chez vous.
Un certificat peut être installé et pourtant ne pas fonctionner comme il le devrait. Trois cas que nous voyons régulièrement :
Un certificat sur une seule version de l’adresse. Le site est en HTTPS sous entreprise.ch, mais pas sous www.entreprise.ch — ou l’inverse. Une partie des visiteurs tombe sur un avertissement, et le moteur de recherche voit deux versions du même site, dont une non sécurisée.
Du contenu mixte après la migration. Le site se charge en HTTPS, mais il va chercher des images, des polices ou des scripts en HTTP — le plus souvent des restes de l’ancienne adresse écrits en dur dans le contenu. Le navigateur bloque une partie de ces ressources ou affiche un avertissement, tandis que le propriétaire se dit « l’icône est là, donc tout va bien ».
Un certificat expiré sans alerte. Personne n’a configuré de notification, et le premier signal est l’appel d’un client qui n’arrive pas à ouvrir le site. Avec une validité ramenée à 200 jours, le risque a exactement doublé.
Nous vérifions ces trois points dans la couche technique d’un audit de site — et vous pouvez les détecter vous-même en quelques minutes.
Il arrive que le certificat soit payé, installé et non expiré, et que le navigateur affiche quand même un avertissement. Trois causes expliquent la plupart de ces cas, et aucune ne demande d’acheter quoi que ce soit.
Un nom qui ne correspond pas. Le certificat a été émis pour entreprise.ch, mais le site tourne sous boutique.entreprise.ch ou avec www. Le navigateur compare l’adresse à la liste des noms inscrits dans le certificat et, faute de correspondance, considère la connexion comme non fiable — quelle que soit la qualité du certificat lui-même.
Un certificat intermédiaire manquant. Le certificat du serveur est signé par un certificat intermédiaire, lui-même signé par un certificat racine. Si seul le premier a été installé sur le serveur, certains navigateurs se débrouillent seuls, d’autres non — et le site fonctionne alors sur un appareil et affiche un avertissement sur un autre. C’est le plus trompeur des trois cas, parce qu’il ressemble à un problème chez le visiteur.
Une horloge déréglée chez le visiteur. Un certificat a une date de début et une date de fin de validité. Un ordinateur dont la date est fausse jugera invalide un certificat valide. Si une seule personne voit l’avertissement et que le reste du monde ne le voit pas, c’est ce point qu’il faut vérifier avant de toucher quoi que ce soit sur le serveur.
Point commun des trois : le problème tient à la configuration ou se trouve en dehors de votre serveur, pas dans le produit. Remplacer le certificat par un plus cher n’en résout aucun.
Quatre contrôles, sans aucun outil :
Si l’un de ces quatre contrôles échoue, le problème se situe dans la configuration, pas dans le certificat — et il se corrige généralement sans rien acheter.
Pas du point de vue de la sécurité : le chiffrement est identique, et les navigateurs traitent les deux de la même manière. La différence porte sur ce que l’émetteur vérifie avant de le délivrer et sur la présence du nom de l’entreprise dans le certificat.
Le navigateur affiche un avertissement plein écran à la place du site. Ce n’est pas une panne du serveur et le site fonctionne — simplement, personne ne le verra tant que le certificat n’aura pas été renouvelé.
Si le site fonctionne en HTTPS et redirige le trafic HTTP — non. S’il n’a pas de certificat, c’est le dernier moment : à partir de Chrome 154, l’utilisateur verra une question lui demandant s’il veut vraiment y entrer.
Il couvre d’un coup tous les sous-domaines d’un même niveau. Il a du sens si vous exploitez plusieurs adresses, par exemple une boutique et un espace client sur des sous-domaines séparés. Pour un site unique, c’est une dépense inutile — et Let’s Encrypt en délivre aussi gratuitement.
Idéalement personne — c’est le rôle du renouvellement automatique. Si, chez vous, il faut une intervention humaine, c’est une tâche avec un responsable nommé et un rappel dans l’agenda, pas quelque chose que « quelqu’un surveille ».
La LPD révisée ne nomme pas le HTTPS : son art. 8 exige une sécurité des données adéquate par rapport au risque. Pour un formulaire qui transmet des données personnelles, une connexion non chiffrée est difficile à défendre à ce titre, alors que le chiffrement est gratuit. Aucune disposition n’exige en revanche un certificat payant.
Pour aller plus loin. L’audit de site internet décrit ce que nous vérifions d’autre dans la couche technique, à côté du certificat. Combien de temps prend le référencement explique pourquoi l’ajout du HTTPS ne se traduit pas à lui seul en trafic.
Un certificat peut être installé et pourtant ne protéger que la moitié de vos adresses. Nous le passons en revue avec vous — avec le reste de la couche technique.
En Suisse, la fraude et l’hameçonnage dominent les signalements, pas l’intrusion. La rubrique commence donc par la liste des comptes, pas par le pare-feu.
91 % des failles WordPress sont dans les extensions, six dans le cœur. Et 46 % n’ont pas de correctif le jour de leur publication : ce que cela change.
En Suisse, la fraude et l’hameçonnage dominent les signalements, l’intrusion technique non. La sécurité d’un site est donc d’abord une affaire d’accès.
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