Un devis à 900 francs n’est pas le prix du site, c’est la plus petite part de la facture. Trois niveaux de prix, le coût réel au bout de douze mois et quatre signes d’un prix sans périmètre.

Un site internet pas cher commence, en Suisse, autour de 900 francs pour un site vitrine — et ce n’est pas une escroquerie : à ce prix, on obtient bel et bien un site qui fonctionne. La question se pose autrement : combien coûte ce même site au bout de douze mois, une fois ajouté tout ce que le premier devis ne couvrait pas.
Ce texte porte sur l’économie du bon marché, pas sur la décomposition du prix d’un site. Ce qui fait que deux devis diffèrent d’un facteur trois, nous le détaillons à part ; ce qui se facture chaque mois une fois le site en ligne, à part également. Ici, une seule chose : ce que vous achetez réellement au prix le plus bas, et quelle part de la facture est visible au moment de signer.

Le prix du devis et la facture après un an, en trois niveaux de prix
Analyse interne
Le marché n’a pas un prix, il en a trois, et ils se distinguent moins par la qualité d’exécution que par la part de la facture annoncée d’avance.
Les repères de marché viennent de l’étude de prix Beyondweb (mise à jour le 2 septembre 2026), qui a passé en revue 161 agences suisses et tiré des prix concrets de 36 d’entre elles. Pour un site vitrine de 5 à 15 pages, la fourchette observée va de 900 à 6 400 francs, médiane 3 100, sur 33 points de prix. C’est la seule mesure de ce marché qui nous paraisse défendable — et elle reste une mesure : une médiane n’est pas un prix. Votre cas peut se situer n’importe où dans la fourchette, parce que c’est le périmètre qui décide, pas la catégorie.
Les suppléments que nous ajoutons plus bas sont les nôtres, repris tels quels dans notre calculateur. Ce n’est pas une prévision : c’est un décompte qui montre où s’arrête un devis.
Un site vitrine monté sur un modèle tout fait, en général sans périmètre écrit. Il sort en quelques jours et il a l’air correct. C’est le prix le plus bas que l’étude ait trouvé chez une agence suisse pour ce type de site, et il achète quelque chose de réel.
La facture grossit parce que le devis couvre le remplissage d’un modèle, pas la construction d’un site. Restent dehors : l’intégralité des contenus, chaque page au-delà du forfait, chaque intégration, et les licences des extensions payantes.
Mis à plat, cela donne le tableau ci-dessous. Chaque ligne sauf la première n’apparaît qu’après la signature — et deux d’entre elles n’ont volontairement pas de montant, faute de chiffre suisse mesuré à mettre en face.
Poste | Montant |
|---|---|
le devis affiché | 900 CHF |
rédaction des contenus, à notre tarif pour un site vitrine | 1 500 CHF |
pages supplémentaires hors forfait | au tarif de l’agence, rarement annoncé |
licences annuelles des extensions payantes | renouvelables tous les douze mois |
domaine, certificat et hébergement mutualisé, douze mois | 198 CHF |
ce qui est chiffrable ci-dessus, après 12 mois | environ 2 600 CHF |
La ligne des contenus demande une explication, parce qu’elle n’est pas de la même nature que la première. Il n’existe pas de mesure suisse publiée du prix de la rédaction web ; nous prenons donc le nôtre, celui que notre calculateur affiche pour un site vitrine. C’est traçable, c’est vérifiable, et c’est dit ici plutôt que caché dans une note.
Aucun de ces postes n’est une invention du prestataire. Tous sont nécessaires pour que le site fasse ce pour quoi il a été commandé. Ils n’étaient simplement pas dans le prix que vous avez vu en premier — et même en ne comptant que les lignes chiffrables, la facture a presque triplé.
C’est le milieu du marché pour un site vitrine, et c’est là qu’atterrit la majorité des petites entreprises. À ce niveau, le périmètre est souvent écrit : les suppléments existent toujours, mais ils sont plus petits et surtout prévisibles — contenus, pages au-delà de la limite, licences.
Au bout de douze mois, avec la rédaction confiée au prestataire et la première année de domaine et d’hébergement, on arrive aux environs de 4 800 francs. L’écart avec le devis est réel, mais il n’a plus rien d’une surprise — et il n’y a rien de mal à atterrir ici, à condition de savoir que la seconde moitié arrive aussi.
C’est notre propre prix de départ pour un site vitrine, et il se situe délibérément au-dessus de la médiane suisse : la base comprend un périmètre que le segment bon marché vend en options — structure, configuration technique, formulaires, réception testée.
La rédaction, elle, reste une ligne distincte chez nous aussi, et au même montant qu’ailleurs. C’est précisément ce qui rend la comparaison intéressante.
La conclusion qui s’en dégage n’est pas celle qu’on attend. Ce n’est pas le total qui change le plus d’un niveau à l’autre — c’est la part du total qui figure sur le devis. Au premier niveau, 900 francs sur une facture réelle d’environ 2 600 : les deux tiers arrivent après la signature. Au troisième, la rédaction coûte exactement le même prix, mais elle est écrite noir sur blanc, avec son montant, avant que quiconque ne signe quoi que ce soit.
Autrement dit : les prestataires plus chers ne sont pas plus honnêtes par nature. Ils vendent un périmètre là où les autres vendent le remplissage d’un modèle, et un périmètre se chiffre d’avance.
Les grilles tarifaires du segment bon marché annoncent un montant précédé de « dès ». C’est techniquement honnête et pratiquement trompeur. « Dès » désigne la configuration minimale, celle que presque personne ne commande : cinq pages, contenus fournis par le client, zéro intégration, modèle sans modification.
Il existe une seule façon de savoir ce que ce chiffre vaut, et elle tient en une question : demandez le prix de votre cas à vous, écrit en trois points — combien de pages, quels contenus, ce qui doit se passer une fois le formulaire envoyé. L’écart entre la réponse et le montant de la grille est la bonne mesure de la distance qu’il y avait derrière le « dès ».
Il faut aussi savoir ce qu’aucune de ces grilles ne contient jamais : le coût d’exploitation. Les trois niveaux ci-dessus concernent la création et la première année de domaine et d’hébergement, rien d’autre. La maintenance technique, les mises à jour et la disponibilité en cas de panne forment une couche de facture distincte — chez nous, 50 francs par mois pour un site vitrine — que nous décomposons entièrement ailleurs. Au bout de quelques années, c’est elle le plus gros poste, quel que soit le niveau choisi au départ.
Quatre postes expliquent l’essentiel de l’écart, et tous les quatre sont prévisibles avant la signature.
Un modèle arrive avec du texte de remplissage. Le remplacer par de vrais contenus est un travail à part entière, et c’est pour cela qu’il se facture à part : 1 500 francs dans notre calculateur pour un site vitrine, 750 pour une page unique, davantage pour un site étendu.
Vous pouvez l’écrire vous-même. C’est alors payé en temps plutôt que sur facture, et c’est un choix parfaitement honnête — personne ne connaît votre offre mieux que vous — tant que ce temps existe réellement dans votre semaine.
Ce que cela signifie au premier niveau mérite d’être dit franchement : la ligne hors périmètre coûte plus cher que le devis entier.
Un devis pour « un site d’entreprise » suppose en général cinq pages. Au-delà, chaque page supplémentaire se facture, et la grille bon marché dit rarement combien d’avance.
Nous ne publierons pas de chiffre suisse ici, parce qu’il n’en existe pas de mesuré et qu’en inventer un serait exactement la fausse précision que ce texte reproche aux devis. Le mécanisme suffit, et il est toujours le même : ce n’est presque jamais un problème au démarrage, et ça le devient au deuxième mois, quand on découvre que chaque prestation réclame sa propre page pour être trouvée.
La parade est simple et se joue avant la signature : faites écrire dans le devis le nombre de pages comprises et le prix de la page supplémentaire. Un prestataire qui refuse le second chiffre vient de vous dire quelque chose d’utile.
WordPress est gratuit, mais une mise en œuvre réelle se passe rarement d’extensions payantes. L’assortiment qu’achète effectivement une petite entreprise — sauvegardes, une extension SEO complète, un formulaire à logique conditionnelle, parfois un cache — se renouvelle chaque année.
Là encore, pas de montant : les éditeurs facturent en dollars, à l’échelle mondiale, et convertir une de ces grilles en francs produirait un chiffre qui aurait l’air mesuré sans l’être. Deux faits, en revanche, méritent d’être connus d’avance, parce que l’un comme l’autre ne se manifestent qu’en deuxième année :
Un formulaire à logique conditionnelle, des réservations, un prospect transmis au CRM : ce sont les lignes qui transforment un site en outil de travail.
Dans notre grille, les paiements en ligne se chiffrent 1 250 francs, un module de réservation 1 500, une intégration CRM 2 500. Mises bout à bout sur une base de site vitrine à 3 500 francs, ces trois lignes ajoutent 5 250 francs — plus que le site lui-même.
C’est la vraie frontière du sujet. Une intégration est ce qui fait passer un site du statut de brochure à celui d’outil, et c’est précisément ce qui manque au devis le moins cher. Tant que vous n’en avez besoin d’aucune, le segment bon marché répond à la question posée. Dès qu’il en faut une seule, il n’y répond plus du tout.

Trois tentatives à 1 200 CHF contre un site à 3 100 CHF
Analyse interne
Tiré de nos observations : une entreprise de location de matériel de bureau a commandé son site deux fois, chaque fois chez un prestataire bon marché, chaque fois sous WordPress. Le problème ne venait pas de l’apparence — aucune des deux versions ne prenait en charge ce dont l’entreprise vit, c’est-à-dire le processus de location. Il y a eu une troisième commande.
Nous ne connaissons pas les montants exacts, mais le décompte modélisé est simple : à la médiane suisse du segment bon marché, 1 200 francs, trois tentatives font 3 600 francs — davantage que la médiane d’un site vitrine conçu d’un seul tenant, 3 100 francs. Ils ont payé davantage que ce qu’aurait coûté le site dont ils avaient besoin, et ils ne l’avaient toujours pas.
Ce calcul est d’ailleurs le plus favorable possible au bon marché. Il ne compte ni les contenus refaits à chaque tentative, ni les mois d’hébergement et de domaine payés entre deux versions, ni le temps passé à recommencer trois fois le même brief.
Le coût n’est pas venu du prix. Il est venu de ce qu’on a acheté trois fois autre chose que ce dont on avait besoin.
La différence n’est pas qu’un site est plus joli que l’autre. Elle tient à quelles étapes de travail ont lieu, tout simplement.
Site pas cher | Site conçu | |
|---|---|---|
Mise en page | modèle tout fait, sans modification de structure | maquettes UX/UI, structure pensée pour le contenu et le parcours client |
Contenus et images | texte de remplissage à remplacer, images de banque | rédaction chiffrée comme une ligne à part, images choisies pour le métier |
SEO à la mise en œuvre | ni métadonnées, ni hiérarchie de titres, ni plan du site | titres, descriptions, hiérarchie et plan du site compris |
Performance | le modèle charge tout ce dont vous ne vous servez pas | Core Web Vitals dans le vert comme condition de réception |
Accessibilité | aucun audit WCAG | conformité vérifiée avant la réception |
Tests | aucun test sur des appareils de résolutions différentes | tests sur appareils et navigateurs réels |
Après la mise en ligne | « rien, ou en supplément » | garantie et assistance inscrites au contrat |
La dernière ligne est la plus importante, parce qu’elle est la seule à concerner le temps d’après la réception. Ce que coûte cette disponibilité et ce qu’on paie exactement dedans, nous le décomposons à part.
Toujours tiré de nos observations, sans noms. Une entreprise disposant de plusieurs points de vente nous écrit avec une question simple : elle veut ajouter une boutique au site qu’elle a depuis quelques années. Avant de répondre sur le prix, nous sommes allés voir le site.
Le contenu s’est révélé être un mur de balises de constructeur de pages — des centaines de lignes de mise en forme, avec le style répété à chaque tuile. Au milieu se trouvait une bannière portant un pourcentage de remise. Pour changer ce seul chiffre, la propriétaire devait éditer du code. Elle avait pourtant tous les droits d’administration : le problème n’a jamais été l’accès, mais le fait qu’une mise en œuvre bon marché avait rendu le contenu inéditable par un être humain.
La seconde constatation était plus grave. Deux extensions commerciales essentielles n’avaient plus de licence active — l’une tournait sur une version vieille de cinq ans. Elles fonctionnaient, puisqu’une licence expirée ne désactive généralement pas l’extension. Ce qu’elle coupe, ce sont les mises à jour de sécurité — et ce que cela implique concrètement, nous le détaillons à propos des mises à jour du CMS.
La conclusion ne portait pas sur le budget : on ne peut pas étendre en sécurité ce qu’on ne peut pas mettre à jour. Cinq ans plus tôt, cette entreprise avait choisi le devis le moins cher. Aujourd’hui elle paie une reconstruction — et entre-temps elle a payé l’hébergement, le domaine et les corrections ponctuelles. La somme de ces trois choses est la seule comparaison honnête avec le devis qu’elle avait alors écarté parce qu’il était cher.
C’est pourquoi, dans un projet de ce genre, la première ligne n’est pas une nouvelle fonctionnalité mais un audit : revue des versions, des extensions, du thème et des sauvegardes, conclu par une réponse à une seule question — peut-on remettre en ordre, ou est-il moins cher de reconstruire. Si vous en êtes là, l’ordre des opérations et les redirections décident de ce qui restera de votre visibilité actuelle ; nous avons un guide dédié pour cela.
Le problème n’est pas le prix bas. C’est le prix sans périmètre — et cela se repère dans le document, avant de le signer.
1. Aucune cession des droits, aucun accès au code. Sans clause de cession des droits patrimoniaux et sans accès au code et à la base de données, le site reste l’otage du prestataire : vous ne pourrez ni le déplacer ailleurs, ni confier les modifications à quelqu’un d’autre. C’est le seul point de cette liste qu’on ne peut pas rattraper plus tard.
2. Aucune spécification technique au contrat. Le contrat doit nommer ce sur quoi le site repose : la version de PHP, la liste des extensions utilisées et au nom de qui leurs licences sont établies. Sans cela, vous ignorez ce dont vous héritez — et au moment d’une reprise, c’est l’inconnue la plus chère.
3. Aucune procédure de réception. Si le devis ne prévoit pas d’étape de tests, le site est livré à vue : sans vérifier que le formulaire envoie effectivement un message, et sans contrôle sur Safari et iOS, là où les écarts sont souvent les plus grands. La liste complète de ce qu’il faut vérifier avant la mise en ligne est dans notre checklist.
4. Des extensions sous licence de développeur du prestataire. Les modules payants sont parfois branchés sur la licence de l’agence, pas sur la vôtre. Tout fonctionne à merveille jusqu’au jour où la collaboration s’arrête — ensuite les mises à jour cessent d’arriver, et le site reste avec des composants qui deviennent chaque mois un risque un peu plus grand.
L’ensemble des questions à poser avant de signer, nous les avons rassemblées à part. Comment lire le devis lui-même et comparer les modes de facturation, c’est ici.
Le budget est parfois une contrainte réelle, et la question n’est alors pas « pas cher ou bien fait » mais où couper exactement. Toutes les économies ne coûtent pas la même chose par la suite.
On peut couper sans conséquence :
On ne coupe jamais :
La règle qui range toute cette liste : économisez sur ce qui peut s’ajouter plus tard, jamais sur ce qu’il faudrait alors reconstruire.
Ce n’est pas toujours un piège, et prétendre le contraire serait malhonnête. Dans trois situations, un constructeur bon marché ou un simple site vitrine est une décision pleinement justifiée, pas un compromis.
Vous testez une hypothèse commerciale. Vous ne savez pas encore si quiconque demandera cette prestation. Le site doit vérifier qu’une première demande arrive — et tant que ce n’est pas su, chaque franc dépensé au-dessus du minimum est dépensé sur une croyance. C’est exactement la logique d’un produit minimum viable : la preuve d’abord, l’investissement ensuite.
Vous avez besoin d’une page d’atterrissage pour un événement. Le site vit deux semaines et personne n’y reviendra après la conférence. Concevoir une structure pour quelque chose qui doit disparaître est une dépense sans retour.
Vous démarrez en indépendant, sans budget. Le site doit confirmer que l’entreprise existe et donner un moyen de contact. Les limites sont connues d’avance et acceptables, et chaque franc économisé a un emploi plus urgent. Si le budget est de zéro, nous décrivons trois voies gratuites séparément.
Un site pas cher cesse d’avoir du sens à un moment précis : quand il doit prendre en charge quelque chose — un processus de vente, des réservations, une location, la configuration d’un produit. Vous achetez alors un outil et non un site, et c’est justement cette partie-là que le devis le moins cher ne contient pas.
Une fourchette de marché dit où vous vous situez par rapport aux autres ; elle ne dit pas ce que coûte votre projet. Chiffrez la création dans le calculateur du coût d’un site web, et ce qui commence à courir après la mise en ligne dans le calculateur du coût de maintenance. Les deux suivent notre tarif, ils ne vieilliront donc pas avec ce texte.
Si vous envisagez d’étaler le paiement plutôt que de réduire le périmètre, nous comparons les deux modes ici. Et si l’économie doit passer par l’hébergement, regardez d’abord ce qu’on y perd.
Nous le lirons avec vous et vous dirons franchement quels postes arriveront après la signature. Y compris quand la réponse est « ce devis est correct ».
La création et l’exploitation sont deux factures distinctes. Les chiffres du marché suisse, nos tarifs de départ, et huit textes — un par question de budget.
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