Quatre types décrits par leur tâche, pas par le nombre de pages. Trois questions qui tranchent, et la seule chose qu'on ne peut pas ajouter après coup.

Une conversation sur un site d’entreprise commence en général par « combien cela coûte ». C’est la deuxième question. La première est « lequel » — et tant qu’elle n’a pas de réponse, un devis porte sur quelque chose que personne n’a encore défini.
Cet article répond à la première. Il ne contient aucun montant : ceux-ci se trouvent dans la rubrique consacrée aux coûts, où ils sont tenus à jour. Il contient ce qu’il faut trancher avant qu’un chiffre veuille dire quoi que ce soit.
Le nombre de pages découle du choix, il ne le fonde pas. Voici le découpage que nous utilisons nous-mêmes pour chiffrer des projets.
Quatre types de sites d’entreprise — la tâche les distingue
Digital Vantage — découpage utilisé pour chiffrer
Un site vitrine doit mener à un contact. La vente se joue en conversation, et le site confirme que vous existez et donne un numéro. Nous le traitons à part, avec les cinq éléments qui doivent y figurer : site vitrine.
Un site d’entreprise doit répondre aux questions récurrentes. Plusieurs prestations que l’on vous demande séparément, chacune avec sa propre adresse et sa propre réponse. C’est le type dont traite le reste de cet article — et le choix le plus fréquent des entreprises de services.
Un site de contenus étendu doit porter plusieurs types de contenus à la fois : l’offre, les réalisations, le savoir-faire, le recrutement, parfois plusieurs marchés. Le contenu arrive en continu et quelqu’un doit l’ajouter sans développeur.
Un portail avec comptes doit recevoir quelque chose et le retenir. L’utilisateur se connecte et revient chercher ses données. C’est un système, pas un site — autre catégorie de coût, autre délai, autre charge d’exploitation. Une seule question tranche : l’utilisateur a-t-il un compte ?
Deux de ces quatre se recouvrent, et la limite mérite d’être marquée, car c’est là que naissent la plupart des désaccords sur un devis. Un site d’entreprise devient un site de contenus non pas au-delà d’un certain nombre de pages, mais lorsque quelqu’un doit y ajouter du contenu régulièrement. Si personne dans l’entreprise ne publiera quoi que ce soit après la mise en ligne, vous n’avez pas un site de contenus : vous avez un site d’entreprise doté d’un système éditorial que personne n’ouvrira, et vous avez payé le système.
Notez que ces quatre types ne sont pas des étapes de développement que l’on traverse. Une entreprise de services peut rester au site vitrine pendant dix ans et avoir raison. À l’inverse, une jeune entreprise qui a besoin d’un espace client dès le premier jour ne « grandit » pas jusqu’au portail : elle commence par là. Traiter cette liste comme une échelle produit deux erreurs coûteuses à la fois.
Il existe un cinquième type, absent d’ici, car il obéit à des règles entièrement différentes : la boutique. Vendre des marchandises par le site est un autre projet, avec d’autres coûts fixes et d’autres risques.
Aucune ne porte sur le nombre de pages, aucune sur le budget.
Où se joue la vente ? En conversation — le site doit alors y mener, et davantage de pages n’y changera rien. Sur le site — il vous faut alors un panier ou un formulaire de commande, et le projet change de catégorie.
Combien de questions reviennent ? Comptez celles qui reviennent plus de trois fois par mois. C’est votre liste de pages, et le seul critère honnête que nous connaissions. L’erreur la plus fréquente consiste à découper selon l’organisation interne : un client ignore votre structure et ne cherche pas selon elle.
Le site doit-il recevoir quelque chose ? Une commande, une réservation, une demande d’intervention — pas seulement un formulaire qui arrive dans une boîte. C’est le seuil où le projet change de catégorie.
Ce qui déplace réellement le devis entre les types
Digital Vantage
Quatre éléments, et un seul est irréversible.
Le périmètre du contenu — combien de pages et qui écrit les textes. C’est le poste qui ne se reporte pas, car la structure des adresses, la navigation et ce que trouve un moteur en dépendent. Ajouter dix pages à un site conçu pour trois finit en un menu que personne ne comprend.
Le système de gestion de contenu — si quelqu’un doit l’éditer sans développeur. Remplaçable ensuite, à un coût.
Le niveau de conception graphique — gabarit, création propre, ou création animée. Remplaçable ensuite.
Les fonctions interactives — comptes, réservations, recherche, intégrations. Remplaçables ensuite, et en général mieux vaut les reporter jusqu’à ce que quelque chose les exige réellement.
Deux de ces quatre postes se recouvrent souvent dans les devis et méritent d’être séparés à la lecture : le niveau de conception et le système de gestion. On les présente ensemble parce qu’ils arrivent ensemble dans le travail, mais ils ne se reportent pas de la même façon. Changer de graphisme plus tard suppose de refaire des gabarits ; changer de système suppose de déplacer le contenu. Le second est plus cher, et c’est pourtant celui que l’on choisit le plus vite, souvent parce qu’il est le moins visible en réunion.
La conséquence pratique quand le budget ne suit pas : coupez dans la conception et les fonctions, pas dans le périmètre. C’est l’inverse de ce que l’on coupe d’ordinaire, parce que le périmètre est l’élément invisible — une liste de pages plus courte n’a pas l’air d’un compromis, contrairement à un graphisme plus sobre.
Le périmètre décide aussi d’une chose qui figure rarement au devis : qui peut répondre à un client sans vous. Chaque page existante est une réponse que quelqu’un dans votre entreprise peut envoyer sous forme de lien au lieu de la retaper. Dix pages de ce genre changent le déroulé d’une semaine ; trois, non.
L’intégration est le poste le plus souvent chiffré et le moins souvent nécessaire. Avant de la payer, vérifiez qu’il y a quelque chose à quoi se connecter.
Nous ne donnons pas de part nationale ici : la Suisse n’est pas dans l’échantillon européen comparable et nous n’avons pas atteint de source suisse de première main. Le constat tient sans elle : partout où cela a été mesuré, les logiciels de gestion de la relation client sont minoritaires dans les petites entreprises et quasi universels dans les grandes. Dans la plupart des petites structures, il n’existe tout simplement aucun système client auquel un site pourrait parler.
Ce n’est pas un argument contre l’intégration — c’est un argument pour vérifier d’abord. Si vous n’avez pas de tel système, l’intégration n’est pas une ligne de devis mais une décision à reporter, et un site qui envoie les demandes par courriel reste la bonne solution tant que le volume ne la dépasse pas.
Si votre devis comporte tout de même une ligne d’intégration, trois questions déterminent si elle est réelle : quel système exactement, de quel côté vit la connexion, et qui l’entretient quand l’une des deux extrémités se met à jour.
Le choix du prestataire se décide moins par le portfolio que par trois réponses, et les trois s’obtiennent en un appel.
Qui écrit les textes. Si la réponse est « vous les fournissez », c’est un coût et un délai de votre côté, et cela appartient à votre plan, pas au sien. Si la réponse est « nous pouvons les rédiger à partir d’un entretien », c’est une prestation réelle et elle doit apparaître comme une ligne.
Ce qui se passe après la mise en ligne. Mises à jour, sauvegardes, et qui répond quand quelque chose casse à un mauvais moment. Un prestataire sans réponse ici chiffre une construction, pas un site.
Ce qui est remis à la fin. Une liste des versions, des accès et des dépendances rend le projet suivant moins cher. Son absence signifie que quelqu’un redécouvrira votre site de zéro dans deux ans, à vos frais.
Un devis qui arrive sans qu’aucune question ait été posée mérite la prudence — mais il existe un signal plus fin encore : demandez ce que le prestataire ferait si, à mi-parcours, vous décidiez d’ajouter trois prestations. La réponse distingue quelqu’un qui a déjà vécu ce cas de quelqu’un qui découvrira le problème avec vous.
Six éléments communs aux quatre types. Aucun n’est une option, et chacun se fait chiffrer comme telle.
Une adresse à soi, pas un sous-domaine du prestataire. Un fonctionnement sur téléphone, testé sur un vrai téléphone en données mobiles. Un contact visible sans chercher, sur chaque page. Une connexion chiffrée, que les navigateurs imposent désormais. La possibilité de modifier le contenu soi-même — prix, horaires, numéro. Et une sauvegarde que quelqu’un a déjà restaurée, ce qui est une affirmation différente de « nous avons des sauvegardes ».
Le point le plus souvent manquant en pratique est le cinquième. « Vous pourrez le modifier vous-même » se convient au départ et ne se teste jamais ; six mois plus tard, chaque changement de prix part par courriel au prestataire et se facture. Le test est gratuit et prend cinq minutes : avant la réception du projet, demandez à la personne de votre entreprise qui s’en chargera de modifier un numéro de téléphone devant vous.
Ce qui reste de votre côté quoi que fasse le prestataire
Digital Vantage
Trois choses ne se délèguent pas, et ce sont elles qui décident le plus souvent du délai.
Le contenu de fond. Descriptions des prestations, photos de réalisations, prix ou fourchettes. Un prestataire peut le rédiger mais ne peut pas l’inventer — et un projet qui attend de la matière stagne des semaines.
Les décisions. Ce que vous vendez, à qui, à quel prix et ce que vous ne faites pas. Cela paraît évident et c’est la cause de retard la plus fréquente, car écrire un site est précisément le moment où l’on découvre qu’elles n’ont pas été prises.
Une seule personne qui valide. Trois personnes validant une maquette, ce sont trois séries de corrections et un mois que personne n’avait prévu.
Et trois choses doivent être enregistrées à votre nom : le domaine, l’accès à l’hébergement, et les comptes d’analyse. Vérifier le domaine est gratuit — les données du titulaire sont publiques.
Le contenu vieillit avant le graphisme. Prix, personnes, liste des prestations. C’est la défaillance qui abîme la crédibilité, car un visiteur ne distingue pas une page périmée d’une entreprise négligente.
Les versions logicielles arrivent à échéance. Ce sur quoi le site est construit cessera de recevoir des correctifs de sécurité selon un calendrier que personne chez vous n’a fixé. C’est un coût d’entretien, pas un investissement, et il revient tous les deux ou trois ans.
Quelqu’un voudra un changement pour lequel le site n’a pas été conçu. Une nouvelle prestation, une deuxième langue, un formulaire de réservation. Que ce soit un après-midi ou une refonte a été décidé par la question du périmètre, tout au début.
La deuxième langue mérite son propre avertissement, car c’est le changement que l’on croit le plus facile. En ajouter une n’est pas un travail de traduction : cela double le contenu à tenir à jour, exige sa propre structure d’adresses, et demande quelqu’un capable de dire si la version traduite dit encore ce que vous vouliez dire.
Ce qui relie quatre de ces cinq erreurs, c’est que chacune est une décision reportée plutôt que prise. Le périmètre reporté au devis, la propriété reportée à la réception, l’entretien reporté à celui qui s’en apercevra. Un site est remarquablement doué pour révéler quelles décisions une entreprise remettait à plus tard, car il ne se met pas en ligne tant qu’elles ne sont pas prises.
Qui écrit les textes et d’où vient la matière. Si la réponse est « vous les fournissez », c’est un coût et un délai de votre côté.
Ce que couvre la maintenance et ce qu’elle coûte par an. Hébergement, domaine, mises à jour, sauvegardes, et qui répond quand quelque chose casse.
À qui appartiennent le domaine et les accès. Posez la question explicitement et obtenez-la par écrit.
Ce qu’il advient des adresses si le nouveau site en remplace un ancien. L’absence de plan de redirection est le défaut que l’on ne voit qu’une fois le trafic parti.
Un devis qui arrive sans qu’aucune question ait été posée mérite la prudence. Quiconque peut chiffrer cela sans savoir combien de prestations vous vendez et où se joue votre vente chiffre un gabarit.
La version la plus courte de tout ce qui précède : décidez ce que le site doit recevoir et combien de questions il doit traiter, et le reste du devis en découle. Chaque mauvaise surprise coûteuse que nous voyons dans ce métier remonte à l’un de ces deux points laissé ouvert alors que quelqu’un construisait déjà.
Trois questions tranchent, et aucune ne porte sur le nombre de pages. Où se joue la vente — si c’est en conversation, le site doit y mener. Combien de questions reviennent plus de trois fois par mois — chacune est une page. Et si le site doit recevoir quelque chose, une commande ou une réservation plutôt qu’un simple formulaire — c’est le seuil où le projet change de catégorie.
Autant qu’il y a de questions récurrentes, plus une page d’accueil et un contact. C’est le seul critère honnête que nous connaissions. Pour une entreprise de services type, nous recommandons de cinq à quinze pages, mais c’est une recommandation et non une mesure du marché. L’erreur la plus fréquente est de découper par département : un client ignore votre organisation.
La conception graphique et les fonctions interactives — pas le périmètre du contenu. Le périmètre est le seul poste que l’on ne peut pas ajouter ensuite sans réécrire le reste, car la structure des adresses et la navigation en dépendent. Le système de gestion, le niveau graphique et les fonctions restent interchangeables pendant la vie du site.
Vérifiez d’abord qu’il y a quelque chose à intégrer. Les logiciels de gestion de la relation client sont minoritaires dans les petites entreprises partout où cela a été mesuré : dans la plupart des petites structures, aucun système client n’attend le site. Si vous n’en avez pas, l’intégration n’est pas une ligne de devis mais une décision à reporter.
Pas au montant final — deux devis variant du simple au double diffèrent en général par le périmètre, pas par la marge. Vérifiez quatre points : qui écrit les textes et d’où vient la matière, ce que couvre la maintenance et ce qu’elle coûte par an, à qui appartiennent le domaine et les accès, et ce qu’il advient des adresses si le nouveau site en remplace un ancien.
Presque toujours pour une raison : il attend de la matière. Descriptions des prestations, photos de réalisations et décision sur le prix sont des choses qu’un prestataire ne peut pas inventer à votre place. La seconde raison est plus discrète : l’absence d’une personne unique qui valide. Le moins cher à faire avant de commander est d’écrire le contenu dans un document ordinaire.
Un devis établi sans cela porte sur quelque chose que personne n’a encore défini — d’où deux propositions pour « un site d’entreprise » qui varient du simple au double.
Ce qui sépare les sites, c'est ce qu'ils doivent recevoir : rien, un contact, une commande ou un compte. La landing page n'est pas un point sur cet axe.
Quatre éléments visibles sans défiler et la liste de ce qu'il ne faut pas y mettre. En quoi elle diffère d'une page d'offre, et pourquoi la vitesse est rarement le problème.
La plupart des sites servent à être vérifiés, pas à encaisser. Cinq éléments indispensables, et les signaux que l'entreprise a dépassé le site vitrine.
Un calcul plutôt que des adjectifs : ce qu'un site reprend réellement à son compte, comment savoir qu'il s'est rentabilisé, et quand il n'est pas la première dépense.
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