Le même site vitrine est devisé 900 CHF et 6 400 CHF sur le marché suisse, et les deux prix peuvent être honnêtes. Six facteurs qui décident lequel vous recevez.

Le coût de création d’un site internet a une particularité qui le distingue de presque tout ce qu’une entreprise achète : deux devis portant sur la même chose peuvent varier du simple au septuple, et les deux peuvent être honnêtes.
Ce n’est pas une impression. L’étude de prix Beyondweb — 161 agences suisses passées en revue, prix concrets tirés de 36 d’entre elles, mise à jour le 2 septembre 2026 — situe le site vitrine de 5 à 15 pages entre 900 et 6 400 CHF, avec une médiane à 3 100 CHF. Une seule catégorie de prestataire, un seul type de projet, un seul pays : l’écart est déjà de un à sept avant que quiconque ait parlé de périmètre.
Le premier réflexe, devant deux devis aussi éloignés, est de supposer que l’un des deux exagère. En général aucun des deux n’exagère. Les deux décrivent des processus différents, et ni l’un ni l’autre ne le dit.
Voici les six facteurs qui produisent cet écart, du plus fort au plus faible.
Un mot sur les chiffres avant de commencer, parce que ce texte en mêle deux sortes et qu’il vaut mieux savoir laquelle vous lisez. Les repères de marché viennent tous de l’étude citée ci-dessus, la seule sur ce marché qui publie le nombre de points de prix derrière chaque ligne. Les montants précédés d’un signe plus sont les nôtres : les tarifs publics de notre calculateur du coût d’un site web, vérifiables un par un. Et là où ni l’un ni l’autre n’existe — cela arrive trois fois dans ce texte, et c’est signalé à chaque fois — le mécanisme est décrit sans chiffre, plutôt qu’illustré par un montant emprunté à un autre marché.
Plus puissant que la technologie, plus puissant que l’endroit où le prestataire est établi. Le même périmètre chiffré par quatre types de prestataire s’écarte davantage que par n’importe quelle autre variable.

Prix des agences suisses par palier de projet, étude Beyondweb
Étude de prix Beyondweb (beyondweb.ch)
Première des trois absences annoncées : aucune étude suisse ne met un chiffre sur cet écart-là. L’étude Beyondweb porte sur des agences, c’est-à-dire sur une seule des quatre lignes ci-dessous. Ce qui suit décrit donc ce que chaque type de prestataire vend, et non ce qu’il facture.
L’indépendant travaille seul et couvre tout le projet : il part d’un thème existant, l’adapte à vos couleurs et à vos contenus, met en ligne. Il n’y a pas d’étape de conception séparée parce qu’il n’y a personne pour la tenir, et c’est cohérent — pas bâclé.
Le petit studio sur mesure réunit au minimum deux métiers, une personne qui conçoit et une qui construit. Le saut de prix entre l’indépendant et le studio ne paie pas un meilleur exécutant, il paie l’existence d’une seconde paire d’yeux à l’intérieur du projet.
L’agence constitue le gros du marché, celui que l’étude a mesuré. C’est la catégorie qui publie des grilles, qui vend des sites d’entreprise, et dont les devis arrivent le plus souvent sur votre table. Elle ajoute au studio une conduite de projet et, selon la maison, des tests et une responsabilité sur la performance.
La société de développement logiciel chiffre autre chose : un projet avec des intégrations, sa propre logique métier et une architecture prévue pour être étendue. Ce n’est pas le même service sous un autre nom. Elle facture comme on facture un logiciel, parce que c’est un logiciel.
Ce que l’étude suisse apporte ici est indirect, mais solide : sa fourchette de 900 à 6 400 CHF pour un site vitrine ne décrit que des agences. Autrement dit, l’écart de un à sept existe déjà à l’intérieur d’une seule ligne. Ajoutez l’indépendant en dessous et la société de développement au-dessus, et vous voyez pourquoi deux devis reçus la même semaine peuvent n’avoir presque rien de comparable.
Conclusion pratique : si deux devis varient du simple au quintuple, vérifiez d’abord s’ils ne proviennent pas de deux lignes différentes. Si c’est le cas, la différence est dans le périmètre, pas dans la marge — et la négocier ne servirait à rien, puisqu’il n’y a rien à négocier.

À 900 CHF et à 6 400 CHF, vous achetez deux processus
Analyse interne
C’est le cœur de l’écart, et la chose qu’aucun devis ne détaille. Les deux montants achètent « un site internet ». Ils achètent deux processus entièrement différents.
Au bas de la fourchette, une personne fait généralement tout : elle choisit un thème prêt à l’emploi, ajuste les couleurs et les contenus, publie. Il n’y a pas d’étape de conception distincte, pas de tests sur plusieurs appareils au-delà d’un coup d’œil rapide, personne dont le travail soit de savoir si ce site amène des demandes. Il y a en revanche un site qui fonctionne, en ligne en quelques semaines — et pour beaucoup d’entreprises, c’est exactement ce qu’il faut.
En haut de la fourchette, c’est une équipe qui travaille, et c’est là toute la différence. Quelqu’un conduit le projet, quelqu’un dessine une mise en page au service d’un objectif précis, quelqu’un la construit, quelqu’un teste, quelqu’un répond de la performance. Une maquette est créée depuis la page blanche au lieu d’un gabarit adapté, et après la mise en ligne il reste quelqu’un à appeler.
La différence n’est donc pas que le second site serait sept fois plus joli. Elle tient à combien de personnes et combien d’étapes se tiennent entre le brief et la publication — et à qui porte le risque si quelque chose tourne mal. Dans le premier cas, c’est vous. Dans le second, c’est écrit dans le contrat.
La question à poser en comparant deux devis n’est donc pas « pourquoi si cher ? », mais : combien de personnes travaillent sur ce projet, et quelles étapes sont comprises dans le prix ? Cette seule réponse explique l’essentiel de l’écart.
Et une précision qui compte, parce qu’elle est souvent entendue de travers : moins cher ne veut pas dire moins bon. Une offre moins chère est souvent simplement plus étroite — sans conception sur mesure, sans campagne de tests, sans suivi après la mise en ligne — et pour un site d’entreprise simple, c’est fréquemment le périmètre juste. Le problème n’apparaît que lorsque ce périmètre plus étroit n’est pas nommé, et que vous le découvrez après la livraison.
Le deuxième facteur paraît évident jusqu’à ce qu’on en voie l’échelle. Le type de site n’est pas une différence de degré mais de catégorie — comparer un garage et un immeuble de bureaux.
Type de projet | Marché suisse (CHF) | Points de prix |
|---|---|---|
Page d’atterrissage / site d’une page | 500 – 1 200 – 3 000 | 22 |
Site vitrine, 5 à 15 pages | 900 – 3 100 – 6 400 | 33 |
Site étendu, 15 à 30 pages | 7 500 – 12 000 – 25 000 | 10 |
Le chiffre en gras est la médiane, les deux autres les extrémités de la fourchette. L’étude couvre aussi les portails, mais sur deux points de prix seulement : c’est trop peu pour être publié, et la ligne ne figure donc pas ici.
Deux choses se lisent dans ce tableau. La première est que le passage du site vitrine au site étendu n’est pas une progression, c’est une rupture : le plancher de la troisième ligne se situe au-dessus du plafond de la deuxième. Il n’existe pas de projet qui serait « un site vitrine un peu plus grand » et coûterait un peu plus cher ; à partir d’une certaine taille, on achète autre chose.
La seconde est que le nombre de pages progresse de façon non linéaire. La cinquième page coûte peu, parce qu’elle reprend un gabarit déjà conçu. La trentième coûte davantage que la cinquième, parce qu’à cette échelle apparaissent l’architecture de l’information, les catégories, la recherche et la question de savoir comment un visiteur trouve quoi que ce soit. Nous ne mettons pas de montant sur la page supplémentaire : ce prix dépend entièrement du gabarit dont elle relève, et aucune donnée suisse ne le publie.
Une médiane, enfin, n’est pas un prix. Votre cas peut se situer n’importe où dans la fourchette de sa ligne, et c’est le périmètre qui en décide, pas la catégorie.
Le troisième facteur est le plus facile à manquer, parce que dans un devis les deux versions se ressemblent : l’une comme l’autre s’appelle « conception du site ».
C’est aussi le seul facteur de cette liste que vous pouvez volontairement choisir vers le bas sans rien perdre sur le plan technique. La différence porte sur le travail de conception, pas sur le code : un site bâti sur un gabarit n’est ni plus lent, ni moins sûr, ni plus difficile à faire évoluer.
Voici ce que l’écart représente chez nous, sur un site vitrine dont la base est de 3 500 CHF :
Niveau de conception, site vitrine | Supplément | Total avec notre base |
|---|---|---|
Gabarit avec modifications | +0 CHF | 3 500 CHF |
Conception sur mesure (maquettes + UI) | +1 750 CHF | 5 250 CHF |
Conception premium avec animations | +6 000 CHF | 9 500 CHF |
Les totaux de la troisième colonne sont un calcul, pas une ligne de tarif : la base plus le supplément, à périmètre fonctionnel rigoureusement identique. Un prototype interactif sous Figma, qui n’a de sens qu’avec les deux niveaux du bas, ajoute encore 750 CHF.
Un gabarit signifie que la mise en page existe déjà et que le travail consiste à l’ajuster à vos contenus et à votre marque. Une conception sur mesure signifie que la mise en page naît de votre parcours client — ce qui a du sens lorsque ce parcours est atypique, et n’en a aucun lorsqu’il ressemble à celui de tout le monde.
Où passe honnêtement la frontière : pour un site d’entreprise avec un formulaire de contact, le gabarit suffit presque toujours. Pour un site qui doit conduire à une conversion précise en plusieurs étapes, tordre un gabarit revient souvent plus cher que de concevoir depuis la page blanche.
Le quatrième facteur est une décision qui se prend en général du côté du prestataire, et que vous payez.
Deuxième absence annoncée : aucune étude suisse ne ventile les prix de création par système de gestion de contenu. Il circule sur ce sujet des comparaisons chiffrées ; aucune que nous puissions rattacher à un échantillon suisse. Nous n’en publions donc pas, et nous donnons à la place nos propres suppléments, qui ont l’avantage d’être vérifiables.
Socle technique | Supplément |
|---|---|
Sans système de gestion de contenu | +0 CHF |
WordPress | +1 250 CHF |
Développement sur mesure / headless | +3 000 CHF |
Le rapport entre les deux dernières lignes vaut mieux que leur montant : passer d’un système standard à un développement sur mesure multiplie ce poste par un peu plus de deux, et c’est un poste parmi d’autres, pas le prix du site.
Un indépendant proposera WordPress, une société de développement une solution écrite depuis le début — et les deux peuvent avoir raison, parce qu’ils répondent à des questions différentes. WordPress coûte moins cher à mettre en place et dispose d’un écosystème où presque tout existe déjà. Une solution dédiée coûte davantage au départ et commence à se rentabiliser le jour où le site doit faire quelque chose que les composants tout faits ne font pas.
Ce que ce rapport ne dit pas : que l’un vaudrait mieux que l’autre. Le choix lui-même, avec des critères plutôt qu’avec des montants, se tranche dans la rubrique consacrée aux technologies, avec le choix d’une plateforme.
Le choix du socle est présenté comme une décision technique, et c’est pour cela qu’il se prend sans vous. Dans les faits, cinq questions d’entreprise le tranchent — et les réponses vous appartiennent, pas au prestataire.
La règle qui met ces cinq réponses en ordre : choisissez la ligne la plus basse où tous les « oui » tiennent encore. La ligne au-dessus s’achètera toujours plus tard ; redescendre, jamais.
Le cinquième facteur paraît anecdotique et ne l’est pas.
Troisième et dernière absence annoncée : nous n’avons pas de chiffre suisse pour celui-ci. L’étude Beyondweb est nationale et ne se décompose pas par canton ni par région linguistique. Nous pourrions emprunter une mesure à un pays voisin, comme nous y avons été tentés ; elle décrirait ce pays-là et pas celui où vous achetez. Nous préférons décrire le mécanisme.
Ce mécanisme est simple : le prix d’un même périmètre suit le coût de fonctionnement du prestataire et le niveau de prix du marché sur lequel il vend. Ce n’est pas une différence de qualité. Et comme les sites se construisent à distance depuis des années, c’est le seul des six facteurs qui n’a aucun rapport avec ce que vous recevez.
Il y a d’ailleurs là une conséquence que la fourchette nationale masque. Les extrémités de la ligne « site vitrine », 900 et 6 400 CHF, contiennent déjà tout l’effet géographique qui existe en Suisse, mélangé à tout le reste et impossible à en extraire. Si vous élargissez la recherche au-delà de la frontière, l’écart s’élargit davantage encore — et cette fois, une partie de l’écart correspond réellement à une différence de ce que vous obtenez, ne serait-ce qu’en matière de fuseau horaire, de langue de travail et de facilité à faire valoir un contrat.
La conséquence pratique est modeste et utile : en comparant deux devis, sachez d’où ils viennent. Non pour retenir le moins cher, mais pour ne pas lire comme un écart de périmètre ce qui n’est qu’un écart de marché.
Dans les offres les moins chères, cette étape n’existe tout simplement pas — et c’est l’une des choses qui expliquent l’écart, car elle ne se voit ni dans le descriptif ni sur le site terminé.
Il s’agit du travail qui précède la première maquette : établir ce que ce site doit faire, pour qui, et à quoi ressemble le chemin entre l’arrivée et la prise de contact. L’analyse de la concurrence du secteur représente en général une quinzaine d’heures — parcourir les sites des acteurs installés, repérer les questions auxquelles ils répondent, la manière dont ils présentent leur offre et l’endroit où ils placent leur appel au contact. S’y ajoute l’architecture de l’information : combien de clics séparent l’arrivée du formulaire, et ce qui doit être visible sans faire défiler la page.
Nous ne chiffrons pas cette étape ici, et c’est volontaire : posez n’importe quel tarif horaire suisse sur une quinzaine d’heures et vous verrez immédiatement qu’on dépasse le bas de la fourchette du tableau plus haut. C’est de là que vient son absence dans les devis bon marché. On ne fait pas tenir une étape d’analyse dans un budget où tient tout juste la construction.
Est-elle toujours nécessaire ? Non. Pour un site d’une page qui doit donner des horaires d’ouverture et un numéro de téléphone, l’analyse de la concurrence ne changera rien. Pour un site censé amener des demandes, c’est la seule étape qui en décide — tout le reste du projet ne fait qu’exécuter ses conclusions.
Le sixième facteur regroupe des postes qui tiennent dans une ligne du devis, ou n’y figurent pas du tout, et qui peuvent déplacer la facture de plusieurs dizaines de pour cent.
Les intégrations. Chacune — outil de gestion commerciale, système de réservation, stock, paiements — est un poste à part entière. Voici les nôtres, pour donner un ordre de grandeur vérifiable :
Intégration | Supplément |
|---|---|
Paiements en ligne | +1 250 CHF |
Gestion commerciale / progiciel de gestion | dès +2 500 CHF |
Réseaux sociaux | +150 CHF |
Google Maps | +100 CHF |
L’arithmétique que ce tableau rend visible est la suivante, et c’est un calcul sur nos propres lignes : sur une base de 3 500 CHF, les paiements en ligne et une connexion à votre outil de gestion commerciale portent le projet à 7 250 CHF. Deux intégrations sérieuses font plus que doubler la facture. C’est la cause la plus fréquente de l’écart du simple au double entre deux devis portant « sur le même site » : l’un a chiffré les intégrations, l’autre a posé la question plus tard.
Les contenus. Les textes et les photographies sont la seule partie du projet qu’on ne peut pas acheter en même temps que le site si elle n’a pas été commandée séparément. Des mises en ligne attendent des semaines des documents que personne n’a préparés ; et si le prestataire doit les produire, c’est une ligne de plus — chez nous, la rédaction d’un site vitrine est à +1 500 CHF et les photographies à +750 CHF.
Le référencement au départ. Structure des adresses, métadonnées, plan du site, fondamentaux techniques : +500 CHF chez nous pour le socle, +2 000 CHF pour un audit et une optimisation complets sur un site vitrine. Fait pendant la construction, cela coûte une fraction de ce que coûte la même chose reprise plus tard, parce que plus tard signifie changer des adresses et poser des redirections.
Et, en Suisse, les langues. C’est le poste que les grilles étrangères n’anticipent pas. Une deuxième version linguistique n’est pas ici une option exotique : pour beaucoup d’entreprises, c’est le périmètre normal. Chez nous elle est à +1 750 CHF, et ce montant ne couvre que la mise en place et la structure — la traduction professionnelle de toutes les pages représente à peu près autant une seconde fois, et c’est du contenu, donc cela relève du paragraphe précédent.
Un dernier point qui tombe dans cette catégorie parce qu’il n’apparaît jamais au devis : si votre site collecte des données de clients établis dans l’Union européenne — un formulaire, une inscription à une lettre d’information, des comptes utilisateurs — une entreprise suisse se retrouve dans le champ du RGPD par le fait de servir ces clients-là. Cela se traite très bien, et cela se traite beaucoup moins bien après coup.
Ces postes ont une propriété commune : ils ne disparaissent pas si vous ne les achetez pas. Ils se reportent sur vous, ou sur plus tard, en général pour plus cher.
Les repères de marché de ce texte sont des médianes et des extrémités de fourchette, pas des grilles « de tant à tant ». Cette différence commande la façon de les lire, et mieux vaut la nommer avant que quelqu’un les reporte dans son propre budget.
La médiane est le milieu du marché, ni un prix ni une moyenne. La moitié des prix relevés étaient plus bas, l’autre moitié plus haut. La moyenne arithmétique de ce marché serait sensiblement plus élevée, parce que quelques réalisations hors norme la tirent vers le haut — raison pour laquelle personne de sérieux ne la publie.
Le nombre de points de prix compte autant que le montant. Derrière la ligne du site vitrine, il y en a 33 ; derrière celle du site étendu, 10. L’étude mesure aussi les portails, sur deux points de prix — et c’est précisément pourquoi cette ligne ne figure nulle part dans ce texte. Une médiane tirée de deux relevés et une médiane tirée de trente-trois se ressemblent sur la page et ne valent pas la même chose. Nous donnons le compte plutôt que d’aligner joliment le tableau.
De là découle une règle pratique : un devis venu d’une catégorie mais portant le prix d’une autre n’est pas une bonne affaire, c’est le signe que le mot « périmètre » ne désigne pas la même chose des deux côtés de la table. Vérifiez alors ce que le devis ne dit pas, avant de vous réjouir de ce qu’il dit.
L’échéance est traitée comme un paramètre d’organisation ; c’est une ligne de prix. Le même périmètre livré en huit semaines et en deux n’est pas le même travail : raccourcir le délai oblige à mener en parallèle des étapes qui se suivent normalement, et cela demande davantage de personnes en même temps.
Chez nous, cela se lit directement dans le tarif : une réalisation accélérée, c’est +40 % de coût pour −30 % de délai, et une réalisation express +100 % pour −50 %. Ce ne sont pas des marges mais la traduction d’une réallocation de capacité bien réelle — quelqu’un d’autre attend pendant ce temps.
La facture s’en ressent par deux canaux. Le premier est celui que l’on vient de chiffrer. Le second est moins visible et coûte davantage : quand le délai se resserre, l’étape de conception saute la première, parce que c’est la seule qui puisse être omise sans conséquence immédiate. Les conséquences arrivent plus tard, sous la forme d’un site qui a fière allure et ne mène nulle part.
Il vaut aussi la peine de savoir où le calendrier dérape réellement, car ce n’est presque jamais le développement. Les mises en ligne attendent les contenus — des textes et des photographies que personne, côté client, n’a préparés, parce qu’au planning ils avaient l’air d’un détail. C’est du même coup la seule étape que vous pouvez accélérer vous-même sans payer qui que ce soit.
Conclusion pratique : si l’échéance est ferme, dites-le au moment de la demande, pas au moment de signer. Un devis avec échéance et un devis sans échéance sont deux devis différents, et l’écart entre les deux dépasse parfois celui entre un gabarit et une conception sur mesure.
Les six facteurs n’agissent pas séparément, et c’est ici que se trouve la réponse à la question du début : d’où vient l’écart de un à sept sur le même site vitrine.
La trajectoire la moins chère est un profil, pas une collection d’économies indépendantes : un indépendant, un gabarit existant, un système standard, pas d’intégration, des contenus fournis par le client, une seule langue. Chacun de ces choix abaisse le prix, et ils vont presque toujours ensemble, parce qu’ils décrivent la même façon de travailler.
La trajectoire la plus chère est également un profil : une équipe plutôt qu’une personne, une conception depuis la page blanche, un socle sur mesure, des connexions à vos systèmes, les contenus pris en charge, deux ou trois versions linguistiques.
La réserve sans laquelle cette liste induirait en erreur : ces facteurs ne se multiplient pas. Une société de développement travaillant sur un socle sur mesure pour un client multilingue, ce ne sont pas trois multiplicateurs indépendants mais un seul profil de prestataire dans lequel ces traits vont de pair. C’est la raison pour laquelle l’écart entre les devis extrêmes est d’un facteur sept et non de plusieurs dizaines, alors que chaque facteur pris isolément peut déplacer le prix du simple au double ou au triple.
La conclusion pratique est plus simple qu’elle n’en a l’air : vous ne choisissez pas six choses séparément, vous choisissez une façon de travailler. La question n’est donc pas « sur quoi économiser », mais « lequel de ces deux profils décrit ce dont j’ai besoin » — et la réponse dépend de ce que le site doit faire : exister, ou produire quelque chose de précis.
Avant de comparer des devis, fixez le périmètre. L’écart de prix décrit dans ce texte ne vient pas de la cupidité des prestataires, mais de ce que chacun chiffre un périmètre différent. Tant que vous n’avez pas une liste écrite des pages, des fonctionnalités et des intégrations, vous comparez les hypothèses des autres et non des prix — et dans ce cas, le devis le moins cher l’emporte en général parce qu’il couvre le moins de choses.
Tout cet écart se ramène à quatre questions, que l’on pose avant de comparer les montants, et non après.
Ce n’est qu’après ces quatre questions que la différence entre les montants signifie quelque chose.
Une décision distincte mérite d’être prise en parallèle : le mode de facturation — payer la construction une fois, ou chaque mois. Nous avons fait le calcul sur cinq ans. La préparation du brief et la comparaison elle-même, étape par étape, sont traitées à part ; et ce qui commence à courir le lendemain de la mise en ligne a son propre texte, doublé du calculateur du coût de maintenance.
Tous les montants de ce texte s’entendent hors taxes. Quelle taxe s’ajoute, et à quel taux, dépend du lieu d’établissement du prestataire et du vôtre — comparez donc deux devis hors taxes entre eux, ou toutes taxes comprises entre eux, jamais l’un avec l’autre.
Nous les reprendrons avec vous ligne par ligne et vous dirons où l’écart est dans le périmètre et où il est dans la marge. Un quart d’heure, sans engagement.
La création et l’exploitation sont deux factures distinctes. Les chiffres du marché suisse, nos tarifs de départ, et huit textes — un par question de budget.
Un devis à 900 francs n’est pas le prix du site, c’est la plus petite part de la facture. Trois niveaux de prix, le coût réel au bout de douze mois et quatre signes d’un prix sans périmètre.
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