Low code et no code expliqués : qui est le citizen developer, à quoi sert une plateforme low code, ses limites de prix et ce que vous emportez en partant.

On présente souvent le low code comme une version moins chère et plus rapide de la programmation. Ce n’est pas tout à fait exact. Quand vous construisez une application sur une plateforme low code, vous n’écrivez pas un logiciel meilleur marché : vous louez la plateforme de quelqu’un d’autre, avec sa base de données, ses écrans, ses automatisations et sa grille tarifaire. En échange, vous obtenez quelque chose de très précieux : un outil qui fonctionne en quelques jours, sans engager d’équipe. Le prix à payer, c’est de jouer selon les règles d’un autre.
Et c’est très bien ainsi, tant que vous tenez dans ces règles. Pour beaucoup d’outils internes, on y tient pendant des années.
Nous écrivons ceci depuis une position un peu particulière : nous ne vendons pas de plateformes low code et nous ne les mettons pas en place chez nos clients. Nous développons des logiciels en code. C’est précisément pour cela que nous pouvons dire sereinement quand le low code suffit et quand il cesse de suffire — et montrer les limites qu’on ne découvre qu’en lisant la grille tarifaire ou la documentation d’export.
Le low code est une manière de construire des applications à partir de blocs tout faits — formulaires, tableaux, vues et automatisations — sur la plateforme d’un éditeur, avec la possibilité d’ajouter du code là où les blocs s’arrêtent. Le no code, c’est la même chose sans le code : vous assemblez toute l’application dans le navigateur, en glissant des éléments et en définissant des règles.
L’écart entre les deux est plus mince que les noms ne le laissent penser. Dans les deux cas, la plateforme fait l’essentiel du travail et vous décrivez ce qui doit se passer. En no code, la description s’arrête là où s’arrête la prévoyance de l’éditeur : s’il n’existe pas de bloc « envoyer la facture au logiciel comptable », vous ne pouvez pas l’envoyer. En low code, vous insérez à cet endroit un morceau de code — une formule, un script, l’appel d’un service externe — et vous continuez. C’est pourquoi le no code est généralement plus proche d’un tableur, et le low code plus proche de la programmation. Quand on cherche « low code no code » d’un seul tenant, on s’intéresse en général à toute cette famille : des outils qui permettent à des personnes extérieures à l’informatique de construire des logiciels.
Une plateforme low code, ce sont quatre éléments fournis par un seul éditeur, que le développement classique vous obligerait à assembler séparément :
Parmi les plateformes low code et no code que vous croiserez probablement figurent, par exemple, Airtable, Microsoft Power Apps, Google AppSheet, Glide et Retool. Elles diffèrent par leur public et leur mode de facturation, mais le modèle reste le même : vous payez un abonnement, et l’application existe aussi longtemps que l’abonnement.
À côté des plateformes sur lesquelles on bâtit des applications entières, il existe des outils no code qui se contentent de relier des services existants : Zapier, Make, n8n. Ils n’ont ni écrans ni base de données propres — ils font circuler des données entre des systèmes que vous possédez déjà. Quand ils suffisent et comment ils facturent, nous le traitons dans notre article sur l’automatisation des processus. Ici, il est question des plateformes sur lesquelles on construit une application avec ses propres données et ses propres écrans — ce qu’on entend généralement par un outil no code pour créer une application.
Le citizen developer est une personne extérieure au service informatique qui construit un outil pour elle-même ou pour son équipe, sur une plateforme low code ou no code. C’est le plus souvent quelqu’un des opérations, de la vente, des ressources humaines ou des finances, qui en a assez de recopier des données d’un tableur à l’autre et qui, en quelques soirées, monte une application qui le fait à sa place.
Cela présente un avantage énorme : le citizen developer connaît le processus mieux que n’importe quel intervenant externe. Personne n’a besoin de lui expliquer pourquoi une commande doit passer par la validation d’un responsable, ni ce que signifie le statut « en attente ». L’application est construite dès le départ autour du travail réel, et non autour d’une idée de ce travail. C’est souvent le premier endroit où le processus est tout simplement mis par écrit.
Cela comporte aussi un risque sérieux : l’application d’une seule personne. Un outil construit par un collaborateur n’est en général compris que par lui. Il sait quelle automatisation en déclenche une autre, pourquoi tel champ est calculé avec une formule étrange et quelle table il ne faut surtout pas toucher. Quand cette personne part en vacances, change de service ou quitte l’entreprise, il reste un outil qui fonctionne, mais que personne ne sait réparer ni modifier. Le problème grandit sans bruit, parce que pendant longtemps tout marche.
Il ne s’agit pas de freiner les citizen developers. Il s’agit de trois règles simples. L’application a un second responsable qui comprend son fonctionnement. Elle dispose d’une courte description : quelles tables, quelles automatisations, qui l’utilise. Et elle est créée sur un compte de l’entreprise, pas sur un compte privé — parce que les données et l’application appartiennent à l’entreprise, pas à la personne qui les a construites.
Le low code donne le meilleur de lui-même quand trois conditions sont réunies : l’application sert à votre équipe et non à vos clients, les utilisateurs sont peu nombreux, et le processus évolue encore. Concrètement, cela donne quatre usages typiques.
Les outils internes. Un inventaire du matériel, une liste d’interventions à traiter, un planning de permanences, un fichier de fournisseurs. Tout ce qui vit aujourd’hui dans un tableur, là où le tableur commence à coincer, parce que plusieurs personnes modifient les mêmes lignes et que personne ne sait qui a changé quoi.
Le prototype d’un processus. Avant de commander un système, vérifiez que le processus que vous avez en tête fonctionne vraiment. Sur une plateforme low code, vous pouvez monter une version utilisable en une semaine et observer, pendant un mois, quels champs personne ne remplit, quelle étape est superflue et laquelle manque. C’est la façon la moins chère de se tromper.
Un formulaire, un tableau et une validation. Une demande de congé, une commande de matériel, un signalement de panne, une demande de rabais. Quelqu’un remplit un formulaire, l’enregistrement arrive dans un tableau, une autre personne l’accepte ou le refuse, et le système envoie une notification. Ce schéma est au cœur de la plupart des plateformes no code, et il y fonctionne très bien.
Un petit nombre d’utilisateurs. La plupart des plateformes facturent par personne. À cinq utilisateurs, c’est un coût modeste ; à cinquante, beaucoup moins. Le low code est le plus avantageux dans une petite équipe.
Si votre entreprise utilise Google Workspace, jetez un œil à AppSheet avant de payer quoi que ce soit d’autre. D’après l’aide destinée aux administrateurs de Google Workspace, AppSheet Core est disponible sans supplément dans la plupart des éditions : Business Starter, Standard et Plus, les éditions Enterprise, ainsi que les éditions Education, Frontline et Nonprofit. Il permet de construire des applications simples à partir des données de Workspace — par exemple d’une feuille Google Sheets — et de les utiliser avec n’importe qui au sein de votre organisation.
Il y a une condition, mais elle compte : les applications créées avec AppSheet Core ne peuvent être partagées qu’avec des personnes de l’organisation. Le partage à l’extérieur, par exemple avec des clients ou des sous-traitants, ainsi que les intégrations avancées exigent la formule AppSheet Enterprise Plus. Pour un outil interne, Core suffit pourtant souvent — et c’est le départ le moins cher possible, puisque vous le payez déjà avec votre abonnement Workspace.
La première semaine avec une plateforme low code est en général un enchantement. Les limites apparaissent plus tard, quand l’application grandit et accumule enregistrements, utilisateurs et exigences. Voici celles qu’il vaut la peine de vérifier avant de commencer. Tous les prix sont en dollars américains, tels que les éditeurs les publient, à la date du 22 septembre 2026.
Le nombre d’enregistrements par base. Chez Airtable, la formule Free contient 1 000 enregistrements par base, la formule Team 50 000 et Business 125 000 (documentation des formules Airtable). Mille enregistrements, c’est moins qu’il n’y paraît : à vingt demandes par jour, cela tient moins de deux mois. Cinquante mille dureront longtemps pour un inventaire de matériel, mais dans la base de commandes d’une entreprise qui en reçoit quelques centaines par jour, la place viendra vite à manquer. S’y ajoute l’espace pour les pièces jointes : 1 Go, 20 Go et 100 Go par base selon la formule.
Le prix par personne grandit avec l’équipe. Airtable Team coûte 20 USD par personne et par mois en facturation annuelle, 24 USD en facturation mensuelle. Business coûte 45 USD à l’année et 54 USD au mois. Power Apps Premium coûte 20 USD par utilisateur et par mois, payé à l’année. Le prix de l’abonnement pour une personne ne dit pas grand-chose. Ce qui compte, c’est combien de personnes utiliseront l’application dans un an ou deux.
Ce que coûte une plateforme low code avec 5, 10 et 20 utilisateurs
airtable.com/pricing, support.airtable.com/docs/airtable-plans, microsoft.com — tarifs Power Apps
Graphique à barres groupées du coût mensuel de l’abonnement en dollars américains, facturation annuelle, selon les grilles tarifaires des éditeurs lues le 22 septembre 2026. Trois groupes : 5, 10 et 20 utilisateurs, chacun avec trois barres. Airtable Team (20 USD par personne) : 100 USD à 5 personnes, 200 USD à 10, 400 USD à 20. Airtable Business (45 USD par personne) : 225 USD à 5, 450 USD à 10, 900 USD à 20. Power Apps Premium (20 USD par utilisateur) : 100 USD à 5, 200 USD à 10, 400 USD à 20. Légende : prix nets des éditeurs en dollars américains, non convertis, sans remise sur volume ; en facturation mensuelle, Airtable Team coûte 24 USD et Business 54 USD par personne.
À cinq personnes, l’écart entre les formules représente quelques centaines de dollars par an. À vingt personnes sur la formule Business, vous payez 900 USD par mois en facturation annuelle, et 1 080 USD en facturation mensuelle. C’est le moment de calculer ce que coûterait un outil à vous — non pas parce que le low code est cher, mais parce que son coût augmente avec chaque personne que vous engagez, alors que celui de votre propre application, non.
Qui compte comme utilisateur payant. C’est un détail qu’on rate facilement. Sur Airtable gratuit, cinq personnes au plus peuvent travailler avec des droits de modification. Dans la formule Team, vous payez pour toute personne qui peut commenter ou modifier ; dans Business, pour toute personne qui peut modifier ; les accès en lecture seule sont gratuits dans les deux formules. Avant de fixer un budget, établissez qui a réellement besoin de changer quelque chose dans l’application.
Les limites des formules Airtable — enregistrements, pièces jointes et qui paie
airtable.com/pricing et support.airtable.com, Airtable plans overview, lus le 22 septembre 2026
Tableau de trois formules Airtable d’après la grille tarifaire et la documentation des formules consultées le 22 septembre 2026. Enregistrements par base : Free 1 000, Team 50 000, Business 125 000. Stockage des pièces jointes par base : Free 1 Go, Team 20 Go, Business 100 Go. Qui est un utilisateur payant : dans Free, personne, mais 5 personnes au plus travaillent avec des droits de modification ; dans Team, toute personne qui peut commenter ou modifier ; dans Business, toute personne qui peut modifier. Les personnes en lecture seule sont gratuites dans Team et Business. Sous le tableau, un exemple : 1 000 enregistrements, à 20 demandes par jour, tiennent moins de 2 mois.
Le partage à l’extérieur, dans une formule plus chère. Une application pour l’équipe et une application pour les clients sont, sur beaucoup de plateformes, deux formules différentes. Chez AppSheet, la frontière est nette : Core ne fonctionne qu’au sein de l’organisation, et le partage externe exige Enterprise Plus. Si vous prévoyez qu’un jour des clients ou des partenaires utiliseront l’outil, vérifiez-le avant de commencer, pas le jour où vous les invitez.
Les intégrations. La connexion avec votre logiciel comptable, votre boutique en ligne ou votre base de données ne figure généralement pas dans la formule de base. Dans Power Apps, les connecteurs prédéfinis, personnalisés et locaux font partie de la formule Premium. Avant de choisir une plateforme, dressez la liste des systèmes avec lesquels l’application doit dialoguer et vérifiez dans quelle formule chacune de ces connexions est disponible.
On parle en général de la dépendance à un fournisseur (le vendor lock-in) en termes de données : le prestataire vous laissera-t-il les récupérer ? Avec le low code, la question a deux volets, et les réponses diffèrent. Les données, vous les emportez. L’application, non.
Vous avez peut-être lu que le droit européen protège désormais les clients du cloud contre la dépendance. C’est vrai, mais pas pour vous. Depuis le 12 septembre 2025, le Data Act de l’Union européenne (règlement 2023/2854) oblige les fournisseurs de services cloud, y compris les plateformes SaaS et PaaS, à permettre à leurs clients de changer de fournisseur : un préavis qui ne dépasse pas deux mois, une période transitoire de trente jours calendaires au plus avec l’aide du fournisseur, une spécification exhaustive des données qui peuvent être exportées (art. 25, par. 2) et, à compter du 12 janvier 2027, aucun frais de changement de fournisseur (art. 29). Ces obligations visent toutefois les fournisseurs « fournissant de tels services à des clients dans l’Union » (art. 1, par. 3, let. f). Une entreprise établie en Suisse n’est pas un client dans l’Union.
Et la loi suisse ne comble pas ce vide : elle ne prévoit aucune règle de changement de fournisseur équivalente pour les clients professionnels. La loi fédérale sur la protection des données connaît bien un droit à la remise ou à la transmission des données personnelles (art. 28 LPD), gratuit, mais il appartient à la « personne concernée », c’est-à-dire à la personne physique dont les données sont traitées (art. 5, let. b LPD), et il ne porte que sur les données personnelles « qu’elle lui a communiquées », traitées de manière automatisée avec son consentement ou en relation directe avec un contrat. Il ne donne à votre entreprise aucun droit sur ses données commerciales, et certainement pas celui de sortir sa base de commandes d’une plateforme.
En Suisse, ce que vous pouvez emporter, c’est donc ce que permettent le contrat et les fonctions d’export de la plateforme — rien de plus. Le Data Act reste utile comme liste de contrôle : ces quatre points sont exactement ce qu’il faut chercher dans les conditions, ou demander, avant de construire quoi que ce soit d’important. Un éditeur qui vend dans toute l’Europe vous accordera peut-être les mêmes conditions de toute façon ; faites-les mettre par écrit. Et si l’application contient des données personnelles de vos clients, la plateforme les traite pour votre compte : la LPD exige alors un contrat ou une base légale, et c’est à vous de vous assurer que ce sous-traitant garantit la sécurité des données (art. 9, al. 1 et 2 LPD).
Même quand les conditions sont bonnes, l’export peut être plus laborieux que ne le suggère n’importe quel contrat. La documentation d’export d’Airtable en est un bon exemple. On y lit que :
Avec une base de dix tables et des milliers de pièces jointes, un déménagement est un projet, pas un clic. Mieux vaut le savoir avant que la base ne grossisse.
Le second volet pèse plus lourd. Sur une plateforme low code, vous n’avez pas seulement construit des tables de données, mais aussi une logique : automatisations, règles de validation, formules, droits d’accès, écrans et interfaces. Cette logique fait la valeur de l’application — c’est là que votre processus est écrit. Et elle ne tourne que sur la plateforme de l’éditeur.
La documentation d’export d’Airtable citée plus haut ne dit rien des automatisations ni des interfaces. Nous ne prétendons pas qu’on ne peut rien en reconstituer — mais il n’existe aucun fichier que vous pourriez télécharger et faire tourner ailleurs. Une automatisation construite avec les blocs d’une plateforme ne fonctionnera pas sur une autre, pas plus qu’une macro d’un programme ne fonctionne dans un autre. Au moment du départ, la logique se reconstruit de zéro.
C’est pourquoi en low code, la dépendance porte sur la logique, pas sur les données. Les données, vous les récupérerez, peut-être morceau par morceau. Le processus que vous avez inscrit dans l’application, il faudra l’écrire à nouveau. La protection la plus simple ne coûte presque rien : tenez, à côté de l’application, une courte description de ce que fait chaque automatisation et chaque règle. Elle vous servira au moment du départ — et, avant cela, chaque fois que l’application changera de mains.
Ce que vous emportez d’une plateforme low code le jour où vous partez
support.airtable.com, Download a view to CSV, lu le 22 septembre 2026 ; Digital Vantage, schéma propre
Schéma en deux colonnes, d’après la documentation d’export d’Airtable. À gauche, les données — emportées morceau par morceau : chaque table se télécharge séparément en CSV, sans export de toute la base en un fichier ; l’export omet commentaires, descriptions des champs, guide de la base et données des extensions ; les pièces jointes arrivent en nom et lien, et le lien expire au bout de quelques heures. À droite, la logique — elle reste sur la plateforme : automatisations, règles d’approbation, formules, droits, écrans et interfaces ne tournent que chez l’éditeur ; lors d’un déménagement, la logique se reconstruit de zéro. Conclusion : en low code, le verrouillage porte sur la logique, pas sur les données ; la protection la moins chère est une courte description de chaque automatisation et règle, tenue à côté de l’application.
Nous citons le Data Act européen tel que vérifié à la source le 22 septembre 2026, y compris la disposition qui le réserve aux clients dans l’Union, ainsi que la LPD dans son état au 7 juillet 2025. La Suisse n’a pas d’équivalent du Data Act pour les clients professionnels : pour une entreprise suisse, l’étendue de l’export et les conditions de changement de fournisseur sont celles du contrat — et même dans l’Union, la question de savoir si les règles couvrent la logique construite sur une plateforme (automatisations, formules, écrans) relève de l’interprétation, que nous ne tranchons pas. Nous ne sommes pas une étude d’avocats. Si une application low code compte pour vous, faites vérifier ces conditions par un juriste avant d’y bâtir un processus clé.
Nous ne mettons pas en place de low code chez nos clients. Nous développons des logiciels en code, et c’est notre point de vue, pas un verdict. Mais la question « que peut-on modifier sans développeur ? » est une question que nous posons dans chaque projet, y compris pour ce site. Et nous y répondons à peu près comme les plateformes low code ; nous plaçons simplement la frontière ailleurs.
Les formulaires se construisent dans le panneau d’administration. Le formulaire de contact, l’inscription à une consultation, chaque formulaire de ce site est assemblé dans le panneau à partir de champs tout faits — texte, e-mail, liste déroulante, date, case de consentement — sans développeur. La personne qui gère le site ajoute un champ, change un libellé ou crée un nouveau formulaire elle-même.
Le brief aussi. Notre brief de projet en plusieurs étapes, que le client remplit avant que nous fassions une offre, a sa structure dans le panneau : les étapes, les sections qu’elles contiennent, les champs de chaque section, avec les règles qui déterminent quand un champ ou une section s’affiche. Modifier une question, ajouter une étape ou une nouvelle option de réponse, c’est une modification dans le panneau, pas une tâche de développeur.
Les calculateurs, eux, sont délibérément dans le code. Les huit calculateurs de coûts de ce site — du site internet au coût d’une panne, en passant par la boutique en ligne — sont des configurations écrites en code et vérifiées par des tests. Nous pourrions les déplacer dans le panneau. Nous ne le faisons pas, parce qu’un calculateur donne un prix, et qu’une erreur de prix coûte de l’argent : le client reçoit une estimation trop basse et bâtit son budget dessus. Un changement de tarif passe donc par un test qui vérifie que le résultat tombe toujours juste.
Il en découle une règle que nous appliquons et recommandons, quelle que soit la plateforme. Ce qui change souvent, et où une erreur se voit et se corrige facilement, va dans le panneau — un libellé de champ, une nouvelle question, la formulation d’un consentement. Ce qui doit être testé avant d’atteindre les gens va dans le code — les prix, les règles de calcul, la logique dont dépendent de l’argent ou des décisions. Une plateforme low code repousse cette frontière très loin du côté du panneau. C’est sa force — et l’endroit où il faut être prudent.
Le low code n’est pas la seule alternative à la programmation. Souvent, un système du marché conçu pour la tâche précise fait mieux : si vous avez besoin d’un fichier client, un CRM du marché battra presque toujours un CRM assemblé soi-même avec des blocs — nous en parlons dans notre article sur le CRM pour PME. Le low code prend l’avantage là où il n’existe tout simplement aucun système du marché pour votre processus.
Pour beaucoup d’entreprises, le chemin se ressemble : un tableur, puis du no code, puis du low code, et parfois un logiciel sur mesure. Il n’y a aucune raison de brûler les étapes. Il existe en revanche quelques signaux qui indiquent qu’il est temps de passer à la suivante — et, au bout du chemin, trois qui disent que le low code ne suffit plus.
Vous touchez une limite. Celle des enregistrements par base, de l’espace pour les pièces jointes ou des licences dont le coût augmente avec chaque nouvelle personne. Si, chaque trimestre, vous supprimez d’anciennes données pour rester dans la formule, ou si vous repoussez l’invitation de collègues parce que cela coûterait plus cher, la limite a commencé à décider à votre place.
Les clients utilisent l’application, pas seulement l’équipe. Un portail client, des commandes passées depuis l’extérieur, un tableau de bord pour des partenaires. Cela signifie une formule plus chère, des exigences plus élevées en matière d’apparence, de rapidité et de sécurité — et une situation où une panne de la plateforme devient une panne de votre service à la clientèle.
La logique devient le cœur de l’activité. Quand l’application contient votre manière de fixer les prix, de planifier ou de servir vos clients — et que c’est ce qui vous distingue de la concurrence —, la garder sur la plateforme d’un autre, sans possibilité de l’emporter, devient un risque plutôt qu’une économie.
Tableur, no code, low code ou sur mesure : quand passer à l’étape suivante
Digital Vantage
Schéma d’un chemin en quatre étapes, de gauche à droite, avec au-dessus de chaque flèche le signal du passage. Étape 1, le tableur : les données dans un seul fichier, modifié par une ou deux personnes. Signal pour passer à l’étape 2 : plusieurs personnes modifient les mêmes données, et il faut un formulaire, une validation ou une vue séparée pour chacun. Étape 2, le no code : une application assemblée à partir de blocs tout faits (formulaire, tableau, automatisation) sur la plateforme d’un éditeur. Signal pour passer à l’étape 3 : il manque un bloc pour une règle ou une intégration nécessaire, et il faut ajouter du code. Étape 3, le low code : des blocs, plus votre propre code là où les blocs s’arrêtent. Signal qu’il vaut la peine de chiffrer l’étape 4, soit au moins deux signaux sur trois : vous touchez une limite d’enregistrements ou de licences (par exemple 50 000 enregistrements par base chez Airtable Team, un tarif pour chaque personne supplémentaire), les clients utilisent l’application et pas seulement l’équipe, la logique de l’application devient le cœur de l’activité. Étape 4, le logiciel sur mesure : votre propre code, que l’entreprise peut déplacer et développer sans les limites d’une plateforme. Légende : ce n’est pas un chemin obligatoire — beaucoup d’entreprises restent des années à l’étape 2 ou 3.
Si vous reconnaissez deux de ces signaux, il vaut la peine de calculer si une application sur mesure serait rentable. Comment le faire, fonction par fonction, nous l’expliquons dans notre article sur le logiciel sur mesure face au logiciel du marché. Si vous n’en reconnaissez aucun, restez sur le low code et ne laissez personne vous vendre davantage.
Si vous avez un processus qui ne tient plus dans un tableur, commencez par une plateforme low code ou no code — idéalement une que vous payez déjà dans un abonnement. Construisez une version simple, confiez-la à l’équipe pendant un mois et observez. Ne concevez pas tout d’avance : ajoutez un champ quand quelqu’un en a vraiment besoin.
Au passage, faites la seule chose que la plupart des entreprises ne font pas : mettez le processus par écrit. Quelles tables, quels statuts, qui valide quoi, ce qui doit se passer automatiquement. Une telle description prend une heure de travail et rapporte deux fois. D’abord, elle vous protège de l’application d’une seule personne. Ensuite, si l’application dépasse un jour la plateforme, un prototype qui fonctionne, accompagné de sa description, sera le cahier des charges le moins cher et le plus précis que vous puissiez remettre à l’équipe qui construira la version définitive. Au lieu d’hypothèses sur le processus, elle recevra un processus éprouvé par le travail quotidien.
Si vous voyez déjà que le low code ne portera pas votre cas — parce que l’application doit servir des clients, se connecter à vos systèmes ou contenir la logique sur laquelle repose votre activité —, parlons de la question de savoir s’il vous faut un développement de logiciel sur mesure. Pour une vue d’ensemble des applications d’entreprise et des problèmes que chacune résout, voyez notre guide des logiciels d’entreprise.
Le low code est une manière de construire des applications à partir de blocs tout faits — formulaires, tableaux, vues et automatisations — sur la plateforme d’un éditeur, avec la possibilité d’ajouter du code là où les blocs s’arrêtent. La plateforme fournit l’hébergement, la base de données, les écrans et les automatisations, et vous payez un abonnement, en général par utilisateur.
En no code, vous assemblez toute l’application avec les blocs prévus par l’éditeur, sans écrire de code. En low code, là où les blocs s’arrêtent, vous pouvez ajouter un morceau de code, une formule ou l’appel d’un service externe. Le no code est plus proche d’un tableur, le low code de la programmation.
Une personne extérieure au service informatique qui construit un outil pour elle-même ou pour son équipe sur une plateforme low code ou no code. Elle connaît le processus mieux que n’importe quel intervenant externe, mais son application n’est souvent comprise que par elle. C’est pourquoi un tel outil doit avoir un second responsable, une courte description et un compte d’entreprise.
Les données, oui, dans la mesure où l’export de la plateforme et votre contrat le permettent — chez Airtable, par exemple, chaque table s’exporte séparément en CSV. Les règles du Data Act européen sur le changement de fournisseur ne protègent que les clients dans l’Union, et le droit à la portabilité de la LPD appartient aux personnes physiques : une entreprise suisse doit donc vérifier les conditions de sortie dans son contrat. La logique de l’application — automatisations, règles et écrans — ne peut en général pas tourner sur une autre plateforme et se reconstruit de zéro au moment du départ.
Quand au moins deux signaux sur trois apparaissent : vous touchez une limite d’enregistrements ou de licences, des clients commencent à utiliser l’application et pas seulement l’équipe, ou la logique qui y est inscrite devient le cœur de l’activité. Avant cela, le low code est généralement moins cher et plus rapide.
Dites-nous quel processus vous voulez outiller et qui l’utilisera.
Nous vous aiderons à juger s’il vous faut une plateforme low code, un système du marché
ou une application développée sur mesure. Si le low code suffit, nous vous le dirons.
Le logiciel d’entreprise se choisit fonction par fonction : comptabilité, CRM, ERP, réservation, outils propres. La carte, l’ordre et les coûts.
Ce qu’est un logiciel ERP, quand une PME en a besoin, ce qu’il coûte au-delà de la grille tarifaire, la place de bexio et où les projets déraillent.
Quand un calendrier de réservation gratuit suffit, ce qu’un système doit gérer et quand un module sur mesure se rentabilise. Prix et estimation.
Ce qu’est un CRM, quand un tableur suffit, ce que le système doit faire, ce que la LPD et la LCD imposent à un fichier client, et comment en choisir un.
Logiciel standard ou sur mesure : on décide fonction par fonction. Quatre questions, le TCO sur cinq ans en francs, la dépendance, des deux côtés.
Automatisation des processus : la différence avec la RPA et l’IA, la QR-facture comme première étape, notre tunnel sans saisie, des exemples par service.
Ce qu’est une application mobile et ce qui la distingue d’un site et d’une PWA. Le test de fréquence, la fidélité, le hors ligne et le coût des stores.
Table des matières · 9 sections · 14 minutes de lecture
Notez cet article
Retour au guide: Logiciel de gestion d’entreprise : quels outils, fonction par fonction

Un agent IA est un système où un modèle de langage choisit lui-même ses étapes et ses outils. Quand il a du sens, ce qu'il coûte, la LPD et l'AI Act.

L'IA en entreprise : où en sont les entreprises suisses, quand un assistant suffit et quand il faut un agent, ce que ça coûte, la LPD et l'AI Act.

On premise, votre propre serveur : le coût complet, la fin du support de Windows Server 2016, et quand le cloud ou le VPS gagnent à la place.

Le cloud computing selon le NIST : cinq caractéristiques, IaaS, PaaS et SaaS, cloud public, privé et hybride, et comment les entreprises l'adoptent.

Quand un calendrier de réservation gratuit suffit, ce qu’un système doit gérer et quand un module sur mesure se rentabilise. Prix et estimation.

Ce qu’est un CRM, quand un tableur suffit, ce que le système doit faire, ce que la LPD et la LCD imposent à un fichier client, et comment en choisir un.

Un site internet gratuit est une vraie option, avec une limite précise. Les trois voies, ce que chacune donne et ne donne pas, et l’addition au bout d’un an.

Ce que coûte un créateur de site après la première année, quatre mécanismes cachés dans les grilles tarifaires et ce que vous emportez en partant.

Gutenberg, Elementor ou Divi : la licence sur trois ans, les extensions que personne ne chiffre et trois seuils où le builder coûte plus qu’il ne rapporte.