Ce qu’est un logiciel ERP, quand une PME en a besoin, ce qu’il coûte au-delà de la grille tarifaire, la place de bexio et où les projets déraillent.

Un logiciel ERP s’achète en général comme un programme : on compare des modules, des prix et des captures d’écran. Or un ERP est d’abord une décision d’organisation. La décision que la vente, l’entrepôt, les achats et les finances cessent de tenir chacun leurs listes et se mettent à écrire dans une seule base de données, qui devient dès lors la source de vérité. La commande, le niveau de stock et la facture deviennent un seul enregistrement vu sous trois angles, et non trois copies que quelqu’un rapproche chaque semaine.
Si cette décision a du sens pour votre entreprise, le logiciel se trouvera. Si elle n’en a pas, le meilleur système du monde ne réglera rien.
Nous écrivons depuis une position précise : nous ne vendons pas d’ERP et nous n’en mettons pas en place. Nous nous y connectons — avec les boutiques en ligne, les formulaires et les applications que nos clients possèdent déjà. Nous voyons donc l’ERP d’un côté qui ne figure pas dans les brochures des éditeurs : celui des données qui doivent y entrer et en sortir. Voici ce qu’est un ERP, quand une PME en a besoin et quand elle n’en a pas besoin, et ce que coûtent les postes absents de la grille tarifaire.
**Un système ERP (de l’anglais enterprise resource planning, planification des ressources de l’entreprise) est un logiciel dans lequel la vente, le stock, les achats, la production et les finances travaillent sur une base de données commune.** Quand un vendeur saisit une commande, l’entrepôt voit aussitôt la marchandise réservée, et la comptabilité voit la facture à venir. Personne ne recopie rien, parce que tout le monde regarde le même enregistrement.
C’est le cœur de la réponse à la question « qu’est-ce qu’un ERP ? », et de la définition qu’on cherche derrière ces trois lettres. Le reste, c’est la liste des modules dont se compose un logiciel ERP typique :
Toutes les entreprises n’ont pas besoin de tous ces modules. Un grossiste peut se passer de la production, une entreprise de services de l’entrepôt. C’est pourquoi les solutions ERP se vendent en général par module, et vous payez ceux que vous utilisez. « Programme ERP », « logiciel ERP » et « système ERP » désignent en pratique la même chose — la différence est d’échelle, pas d’idée : un petit programme pour un grossiste et un système pour un groupe de sociétés reposent sur le même principe d’une base unique.
Qu’est-ce qu’un ERP, alors, en tant que catégorie de logiciel ? Parler de « système ERP », c’est désigner précisément cela : un logiciel qui relie plusieurs domaines de l’entreprise dans une seule base. Le logiciel comptable n’entre pas dans cette catégorie, parce qu’il couvre un seul domaine — l’enregistrement de ce qui s’est déjà produit, c’est-à-dire les factures, les charges et les impôts. L’ERP commence plus tôt : à la commande, à la réservation de la marchandise et au plan d’achat, et la comptabilité reçoit de lui des pièces toutes prêtes.
Le MRP (material requirements planning, planification des besoins en matières) consiste à planifier les matières nécessaires : combien de matières premières acheter, et quand, pour fabriquer les produits commandés. Historiquement, l’ERP est né de systèmes de ce type, et le MRP est aujourd’hui en général l’un des modules de production d’un système plus large.
Un CRM gère la relation avec le client avant et après l’achat : demandes, échanges, offres, relances. Un ERP gère ce qui se passe une fois la commande passée. Nous détaillons la différence dans notre article consacré au CRM pour PME et à la différence entre ERP et CRM.
Les articles sur l’ERP aiment s’ouvrir sur un taux d’adoption. Nous n’en donnons pas pour la Suisse, pour une raison simple. L’enquête que nous citerions autrement — l’enquête annuelle d’Eurostat sur l’utilisation des technologies de l’information par les entreprises, qui mesure l’usage de l’ERP par taille et par secteur — couvre les États membres de l’Union et une poignée d’autres pays européens, mais pas la Suisse. Nous n’avons trouvé aucun chiffre suisse officiel et récent mesuré de la même façon, et un chiffre emprunté à un autre marché paraîtrait plus précis qu’il ne l’est.
Ce que les enquêtes existantes montrent de façon constante, c’est un mécanisme, et un mécanisme passe les frontières. L’ERP est un outil qui grandit avec l’entreprise. Dans les grandes entreprises, il est presque universel ; dans les petites, travailler sans ERP est courant, et souvent pour de bonnes raisons. Non pas parce que les petites entreprises seraient en retard, mais parce que, dans une entreprise de huit personnes, c’est souvent la même personne qui prend la commande, prépare le colis et établit la facture : il n’y a rien à synchroniser, la « base unique », c’est la tête d’une personne et un programme.
Seconde partie du mécanisme : l’ERP est avant tout l’outil des entreprises qui vendent sur stock ou qui produisent. Là où chaque commande touche un niveau de stock, une réservation et une facture, le besoin d’une base unique apparaît tôt. Dans une entreprise de services, où la vente et la comptabilité se croisent une fois par mois autour d’une facture, il peut ne jamais apparaître.
Qu’en conclure ? Pas qu’une petite entreprise « devrait rattraper » qui que ce soit. Plutôt une question à laquelle il vaut la peine de répondre honnêtement : avons-nous atteint le point où des listes séparées coûtent plus cher qu’un système unique ? C’est l’objet de la partie suivante.
Une PME a besoin d’un ERP quand la même information — sur une commande, une marchandise ou un paiement — doit être à jour à plusieurs endroits à la fois, et qu’aujourd’hui quelqu’un s’en charge à la main. L’effectif compte moins qu’on ne le croit. Ce qui compte, c’est combien de fois par jour vous recopiez des données d’un programme dans un autre.
Voici les signaux qui le montrent :
Vous tenez un stock, et les chiffres ne concordent pas. Un client commande une marchandise que vous n’avez plus, parce que les ventes en boutique, au téléphone et par le représentant ne voient pas les mêmes niveaux de stock. Chaque inventaire trimestriel révèle des écarts que personne ne sait expliquer.
Vous produisez. Même une production simple doit savoir combien de matière a été consommée, combien est en route et ce qu’il faut acheter avant la prochaine commande. Un tableur s’en sort avec quelques produits ; avec plusieurs dizaines, il commence à mentir.
Vous vendez par plusieurs canaux. Une boutique en ligne, une place de marché, la vente en gros, un point de vente physique. Chaque canal a ses commandes, mais la marchandise est la même. Sans base commune, quelqu’un recopie les commandes d’un système à l’autre ou rapproche les stocks en fin de journée.
Quelqu’un ressaisit des données à la main. La commande reçue par e-mail dans le programme de vente, la facture du programme de vente dans la comptabilité, les stocks d’un tableur dans la boutique. Chaque ressaisie coûte du temps et ouvre la porte à une erreur, et quand cette personne est en vacances, le processus s’arrête.
Quand un logiciel comptable suffit. Si vous êtes une entreprise de services, sans stock, et que vos ventes représentent une dizaine ou quelques dizaines de factures par mois, un ERP serait une superstructure coûteuse posée sur un problème que vous n’avez pas. Un bon logiciel de facturation et de comptabilité suffit — idéalement un logiciel qui crée et lit les QR-factures et se connecte à votre banque par l’e-banking. La QR-facture a définitivement remplacé les bulletins de versement suisses le 1er octobre 2022, et son code QR contient toutes les informations nécessaires au paiement sous forme numérique. Pour une petite entreprise, c’est le premier document structuré d’usage courant : un logiciel qui le lit peut enregistrer la facture d’un fournisseur et rapprocher le paiement sans que personne ne ressaisisse la référence, et une partie du travail disparaît d’elle-même. Comment en tirer parti, nous l’expliquons dans notre article sur l’automatisation des processus. Pour les échanges avec les clients, ajoutez un CRM, et pour le reste, des outils ciblés.
Entre le logiciel comptable et l’ERP complet, il existe une étape intermédiaire qu’on oublie facilement : le logiciel de gestion commerciale et de stock. Il gère la vente, le stock et les factures, tandis que la comptabilité est tenue par une fiduciaire dans son propre programme, auquel les pièces parviennent par export. Pour beaucoup de petits commerces et de grossistes, cela suffit pendant des années. Passer à un système complet ne vaut la peine qu’au moment où arrivent la production, plusieurs entrepôts ou plusieurs canaux de vente qui doivent voir le même stock au même instant.
Si vous reconnaissez un seul signal, il suffit en général de régler ce domaine-là. Si vous en reconnaissez deux ou trois — et qu’ils concernent une marchandise qui passe par la vente, l’entrepôt et la comptabilité —, c’est précisément le moment où l’ERP pour PME cesse d’être disproportionné.
Une PME a-t-elle besoin d’un ERP ? Un arbre de décision
Digital Vantage
Arbre de décision qui se lit de haut en bas, avec quatre questions oui ou non. Question 1 : tenez-vous un stock ou produisez-vous ? Si non, question 2 : quelqu’un recopie-t-il chaque jour des données entre des programmes, à la main ? Si non, un logiciel comptable avec QR-facture et e-banking suffit, plus un CRM pour les échanges avec les clients. Si oui, reliez vos programmes existants par une intégration avant d’acheter un ERP. Si la réponse à la question 1 est oui, question 3 : vendez-vous par plus d’un canal (boutique en ligne, place de marché, vente en gros, point de vente physique) ? Si oui, il vaut la peine de chiffrer un système ERP ou de relier la boutique à un logiciel de gestion de stock. Si non, question 4 : les niveaux de stock ou la consommation de matières s’écartent-ils de la réalité ? Si non, un logiciel de gestion commerciale et de stock pour petites entreprises suffit. Si oui, il vaut la peine de chiffrer un système ERP. Légende : l’usage de l’ERP croît avec la taille de l’entreprise et atteint son maximum là où la marchandise passe par un stock ou une production ; l’arbre interroge le processus, pas l’effectif.
Qui cherche un ERP se trouve devant un choix que les éditeurs formulent rarement. Vous pouvez acheter un système unique à modules — vente, stock, comptabilité et personnel chez un même éditeur, sur une même base. Ou vous pouvez composer un ensemble de programmes séparés — comptabilité, CRM, gestion de stock, boutique en ligne —, chacun le meilleur dans son domaine, reliés par des intégrations.
Sur le marché, trois groupes de produits se distinguent facilement. Nous ne les classons pas, parce que le choix se décide sur votre processus, pas sur la marque :
Un système unique apporte le plus là où les domaines sont étroitement imbriqués : une commande réserve la marchandise, une sortie d’entrepôt crée une facture, la facture passe directement dans les débiteurs. Rien à synchroniser, puisque les données se trouvent à un seul endroit. Le prix à payer, c’est le compromis : le module CRM d’un ERP est rarement aussi pratique qu’un CRM séparé, et une boutique en ligne proposée par un éditeur d’ERP est rarement aussi souple qu’une plateforme de commerce en ligne dédiée.
Des modules reliés apportent la liberté : chaque service travaille avec un outil adapté, et en remplacer un ne signifie pas tout remplacer. Le prix à payer, ce sont les intégrations. Chaque connexion doit être construite, testée et entretenue, et quand un programme change sa manière d’échanger des données, la connexion doit être réparée. Nous connaissons ce côté de la facture par notre propre travail : dans notre calculateur de coût d’une boutique en ligne, l’intégration à un ERP porte la mention « l’intégration ERP est souvent le coût caché le plus important ».
Il en découle une règle simple. Plus il circule de données entre les domaines chaque jour, plus une base unique est rentable. Un grossiste chez qui chaque commande touche le stock, une réservation et une facture tirera profit d’un système unique. Une entreprise où la vente et la comptabilité se croisent une fois par mois autour d’une facture s’en sortira avec deux programmes et une connexion. En pratique, beaucoup de petites entreprises choisissent la voie du milieu : un logiciel de gestion commerciale et de stock comme noyau, auquel la boutique en ligne et le CRM sont reliés par intégration. Dans quel ordre construire ces connexions, et comment décider quel système est propriétaire de quelles données, c’est une question que nous traitons avec chaque client qui relie une boutique à un ERP.
Un système unique à modules ou des programmes séparés reliés par des intégrations
Digital Vantage, schéma propre
Schéma en deux panneaux. À gauche : un système ERP unique — vente, stock, achats et finances écrivent dans une seule base. Gain : rien à synchroniser. Prix : le module CRM ou la boutique de l’éditeur d’ERP est rarement aussi pratique qu’un outil séparé. À droite : des programmes séparés — comptabilité, CRM, stock et boutique — reliés par des intégrations. Gain : chaque service travaille avec un outil adapté, et en remplacer un ne touche pas au reste. Prix : chaque connexion doit être construite, testée et entretenue. Axe : plus il circule de données entre les domaines chaque jour, plus une base unique est rentable. À gauche : vente et comptabilité se croisent une fois par mois — deux programmes, une connexion. Au milieu : gestion de stock, plus boutique et CRM par intégration. À droite : un grossiste chez qui chaque commande touche le stock et la facture — un système unique.
Nous ne sommes partenaires d’aucun éditeur d’ERP et nous ne mettons pas ces systèmes en place. Nous construisons ce qui doit dialoguer avec l’ERP : la boutique en ligne, le formulaire, l’application, le portail client — et les connexions qui font circuler commandes et stocks entre eux sans ressaisie. C’est pourquoi cet article ne recommande aucun système en particulier ; il montre comment y réfléchir.
« Combien coûte un système ERP ? » appelle deux réponses. La première se trouve dans la grille tarifaire de l’éditeur. La seconde — en général plus élevée — se trouve dans les postes que cette grille ne contient pas. Le coût total se compose de cinq parties.
1. La licence ou l’abonnement. C’est le seul poste que certains éditeurs publient. Un exemple tiré de la grille tarifaire de bexio, à la date du 22 septembre 2026, hors TVA : bexio facture par forfait, pas par poste de travail. Le forfait Optima, pour cinq utilisateurs au plus et avec la gestion du stock, coûte 69 CHF par mois en facturation annuelle, ou 79 CHF en facturation mensuelle ; le plus petit forfait, Basic, pour un utilisateur, coûte 35 CHF par mois à l’année. Une équipe de trois personnes tient dans Optima, ce qui fait 828 CHF par an. Nous laissons de côté la remise limitée dans le temps que la page affichait cette semaine-là. Gardez à l’esprit qu’il s’agit du prix d’un ERP léger. Pour des systèmes plus complets comme Abacus ou SAP Business One, nous ne citons aucun prix : nous ne citons que des prix que nous avons pu lire dans une grille publiée ; pour ceux-là, demandez à l’éditeur ou à un partenaire une offre couvrant les modules et les utilisateurs dont vous avez besoin.
2. La mise en place. La configuration du système selon vos processus : entrepôts, types de documents, listes de prix, droits d’accès, modèles d’impression. Dans un petit logiciel de gestion commerciale et de stock, c’est parfois l’affaire de quelques jours ; dans un ERP modulaire, c’est un projet mené par le partenaire de l’éditeur. Les éditeurs ne publient pas ces tarifs dans leurs grilles.
3. La reprise des données. Les fiches articles et clients, les stocks d’ouverture, les débiteurs et créanciers ouverts. Il faut extraire les données des anciens programmes et des tableurs, les nettoyer et les charger. Les formats en jeu — CSV, XML ou une API — et l’ordre des travaux se règlent avec la personne chargée de la reprise avant l’export du premier fichier.
4. La formation. Le temps des personnes qui apprennent le nouveau programme et qui, les premières semaines, travaillent plus lentement qu’avec l’ancien. C’est un coût qui n’apparaît sur aucune facture, mais il est présent dans chaque projet.
5. Les intégrations. C’est le poste que nous connaissons le mieux, parce que c’est notre métier. Dans notre [calculateur de coût d’une boutique en ligne](pages:69b1d28de5961b9519f27fbc), l’intégration d’une boutique en ligne à un ERP coûte 6 000 CHF. Sa maintenance, dans notre [calculateur du coût de maintenance de site web](pages:69bfe4f90d5d51379c34259c), revient à 60 CHF par mois hors TVA. Pourquoi autant ? Nous l’avons écrit dans la configuration du calculateur : la synchronisation exige une correspondance des données dans les deux sens — les commandes partent vers l’ERP, les niveaux de stock reviennent vers la boutique — et chaque éditeur d’ERP utilise une autre API ou un autre protocole d’échange de fichiers, si bien qu’une telle connexion se réutilise rarement d’un projet à l’autre. La maintenance est un poste à part parce que la connexion doit être surveillée chaque fois que l’un des deux côtés change sa manière d’échanger des données.
Mettez ces chiffres côte à côte. Une intégration unique coûte plus de sept ans du forfait Optima de l’exemple ci-dessus — et la maintenance de l’intégration coûte 720 CHF par an, presque autant que l’abonnement lui-même. La comparaison flatte l’abonnement, parce que bexio est un ERP léger et qu’un système plus complet coûte davantage ; mais le sens de la comparaison vaut pour n’importe quel ERP. Cela ne veut pas dire que l’intégration est du gaspillage ni que l’ERP est bon marché. Cela veut dire que un budget ERP calculé sur la seule grille tarifaire est sous-estimé dès que l’ERP doit dialoguer avec une boutique en ligne, une place de marché ou une application.
De quoi se compose le coût total d’un système ERP
bexio.com — packages et prix (lu le 22 septembre 2026) ; nos tarifs : calculateurs Digital Vantage (coût d’une boutique en ligne, coût de maintenance de site web)
Cinq blocs dans une colonne, de haut en bas. 1. La licence ou l’abonnement — le seul poste de la grille tarifaire de l’éditeur. Exemple : bexio Optima, forfait pour cinq utilisateurs au plus avec gestion du stock, 69 CHF par mois en facturation annuelle, soit 828 CHF par an, hors TVA (grille tarifaire de bexio.com, lue le 22 septembre 2026) ; bexio est un logiciel de gestion pour PME plutôt qu’un ERP complet. 2. La mise en place — configuration selon vos processus ; pas de montant, les éditeurs ne le publient pas. 3. La reprise des données — fiches articles et clients, stocks, débiteurs ; pas de montant. 4. La formation et le ralentissement des débuts — pas de montant. Les blocs 2 à 4 sont réunis dans un cadre en pointillé intitulé « absent de la grille tarifaire ». 5. Les intégrations — mises en évidence d’une autre couleur, intitulées « nos tarifs » : intégration d’une boutique en ligne à un ERP 6 000 CHF une fois, maintenance 60 CHF par mois hors TVA (calculateurs Digital Vantage). Légende : montants tirés uniquement de la grille de l’éditeur et de nos calculateurs ; aucune estimation pour les postes 2 à 4.
Beaucoup de statistiques d’échec circulent au sujet des projets ERP. Nous n’en citons aucune, parce qu’aucune ne peut être vérifiée de façon fiable. Ce que montre en revanche notre travail d’intégration, c’est l’endroit où un projet ERP commence à se déliter. Ce sont presque toujours les trois mêmes.
Des données de base en désordre. Un ERP ne vaut que ce que valent les données qu’on y met. Le même article enregistré trois fois sous des noms différents, un client avec deux numéros IDE, des unités tantôt en pièces, tantôt en cartons, des stocks que personne n’a confirmés par un inventaire. Un nouveau système ne range pas cela tout seul — il déplace le désordre à l’endroit où il devient officiel. Dans une intégration, nous le voyons immédiatement : la boutique et l’ERP doivent s’accorder sur un identifiant unique pour chaque article, et si les fiches articles contiennent des doublons, la connexion s’arrête ou transmet des stocks faux. Le nettoyage des données se planifie avant la mise en place, pas après.
Une responsabilité floue sur les processus. Chaque processus dans un ERP — saisir une commande, expédier la marchandise, clôturer le mois — a besoin d’une personne qui décide comment il doit se dérouler et qui répond de la justesse de ses données. Quand cette personne n’existe pas, c’est le consultant chargé de la mise en place qui décide, ou personne. Le système reflète alors l’idée que quelqu’un se fait de l’entreprise, et non l’entreprise. Le test le plus simple : pour chaque module, demandez qui, chez vous, dira « oui, c’est comme cela que ça doit fonctionner » et qui remarquera quand cela ne fonctionne plus. Si la réponse est « l’équipe » ou « tout le monde », cela veut dire personne.
Tout adapter dès le premier jour. La tentation est grande de remanier le système d’emblée pour qu’il se comporte exactement comme la façon de travailler actuelle, exceptions et habitudes comprises. C’est en général une erreur. Le processus standard d’un ERP mûr a été éprouvé dans de nombreuses entreprises et se révèle souvent meilleur qu’un contournement local qui n’a survécu que parce que personne ne l’a remis en question. Un ordre plus raisonnable : d’abord mettre en service le standard, travailler avec lui quelques semaines, et seulement ensuite modifier ce qui gêne vraiment. Chaque adaptation faite d’avance coûte à la mise en place, puis à chaque mise à jour.
Les intégrations ont leur place dans ce plan dès le départ, pas en bas de la liste. Si l’ERP doit recevoir les commandes d’une boutique en ligne, le format de ces commandes et les identifiants des articles doivent être définis en même temps que les fiches articles — sinon la connexion se construit sur des données qui changeront dans un mois.
Un ERP peut tourner sur un serveur de l’entreprise ou comme service dans le navigateur. Le choix se ramène à trois questions.
L’accès. Un ERP cloud fonctionne partout où il y a une connexion internet : au bureau, à l’entrepôt, à la maison ou chez un représentant en déplacement. Un système sur votre propre serveur a besoin d’un accès à distance, que quelqu’un doit mettre en place et sécuriser.
Les mises à jour. Dans le cloud, c’est le fournisseur qui met le système à jour — un changement des taux de TVA ou des standards de paiement vous parvient sans travail de votre part. Sur votre propre serveur, les mises à jour sont installées par quelqu’un de chez vous ou par un prestataire, et chaque adaptation du système rend la suivante plus difficile.
Les sauvegardes. Dans le cloud, le fournisseur fait les sauvegardes, et vous vérifiez dans le contrat à quelle fréquence et pendant combien de temps elles sont conservées. Sur votre propre serveur, les sauvegardes sont votre responsabilité — et votre risque, si personne ne vérifie que les données peuvent réellement être restaurées.
Il y a une quatrième question : quitter le fournisseur. Avec un ERP cloud, les données se trouvent chez lui — et en Suisse, votre droit de les emporter est celui que prévoit le contrat. Vous avez peut-être lu que le droit européen protège désormais les clients du cloud contre la dépendance. Le Data Act (règlement (UE) 2023/2854) oblige bien les fournisseurs à permettre le changement — un préavis qui ne dépasse pas deux mois, une période transitoire de trente jours calendaires au plus, une spécification exhaustive des données qui peuvent être exportées (art. 25, par. 2) et, à compter du 12 janvier 2027, aucun frais de changement de fournisseur (art. 29) —, mais seulement pour les fournisseurs « fournissant de tels services à des clients dans l’Union » (art. 1, par. 3, let. f). Une entreprise suisse n’en fait pas partie. La Suisse ne connaît aucune règle équivalente pour les clients professionnels, et la loi sur la protection des données ne prend pas le relais : son droit à la remise ou à la transmission des données (art. 28 LPD) appartient à la personne physique dont les données sont traitées (art. 5, let. b LPD) et ne porte que sur les données personnelles « qu’elle lui a communiquées ». Il ne donne à l’entreprise cliente d’un ERP aucun droit sur ses données commerciales. Servez-vous de ces points comme d’une liste de contrôle à la lecture du contrat. Avec un ERP, c’est important, parce qu’il contient tout l’historique des ventes, des achats, des débiteurs et des créanciers. Avant de signer, vérifiez dans quel format vous recevrez les données, et si cela comprend les documents et pas seulement les données de base. Ceci est une description des règles, pas un conseil juridique : faites examiner les conditions de sortie du contrat concret par un juriste.
Pas par le choix d’un programme. Commencez par une feuille de papier sur laquelle vous notez deux choses.
Les processus. Comment une commande se déroule chez vous, de sa saisie à son paiement : qui la prend, où il l’enregistre, qui expédie la marchandise, qui établit la facture, qui relance le paiement. À chaque étape, marquez l’endroit où des données sont ressaisies à la main.
Les données. Quelles données de base vous avez — articles, clients, listes de prix, stocks —, dans quels programmes et tableurs elles vivent, et quelle version fait foi quand elles divergent.
Cette feuille répond souvent à elle seule à la question de savoir si vous avez besoin d’un ERP. Si la ressaisie manuelle a lieu à un seul endroit, une connexion suffit. Si elle a lieu à cinq endroits, il vaut la peine de parler à des éditeurs d’ERP et de leur remettre cette feuille comme point de départ. Si votre processus est assez particulier pour qu’aucun système du marché ne le prenne en charge, calculez si un outil à vous serait rentable — nous en parlons dans notre article sur le logiciel sur mesure face au logiciel du marché, et de la voie intermédiaire, moins chère, dans notre article sur le low code et le no code.
Si vous avez déjà un ERP, ou si vous êtes en train d’en choisir un, et qu’il doit dialoguer avec une boutique en ligne, un formulaire ou une application — c’est notre partie du travail. Voyez comment nous l’abordons : développement de logiciels sur mesure et intégrations ERP. Pour une vue d’ensemble des logiciels d’entreprise et des problèmes que chacun résout, voyez notre guide des logiciels d’entreprise.
Un ERP (enterprise resource planning, planification des ressources de l’entreprise) est un logiciel dans lequel la vente, le stock, les achats, la production et les finances travaillent sur une base de données commune. La commande, le niveau de stock et la facture forment un seul enregistrement, si bien que personne ne ressaisit de données entre des programmes.
Le logiciel comptable enregistre ce qui s’est déjà produit : factures, charges et impôts. Un ERP couvre aussi ce qui se passe avant — commandes, réservations de marchandise, stock et achats — et transmet des pièces toutes prêtes à la comptabilité. Beaucoup d’ERP ont un module comptable, mais un logiciel comptable seul n’est pas un ERP.
Pas toujours. Travailler sans ERP est courant dans les petites entreprises, et il n’y a aucune raison d’en adopter un parce que d’autres l’ont fait. Un ERP est rentable quand vous tenez un stock ou produisez, que vous vendez par plusieurs canaux et que quelqu’un recopie chaque jour des données entre des programmes. Une entreprise de services sans stock s’en sort en général avec un logiciel comptable qui gère la QR-facture et l’e-banking, plus un CRM.
Le chiffre de la grille tarifaire ne couvre que l’abonnement ou la licence — par exemple, le forfait Optima de bexio, pour cinq utilisateurs au plus, coûte 69 CHF par mois en facturation annuelle, hors TVA, et bexio est un ERP léger plutôt qu’un ERP complet. S’y ajoutent la mise en place, la reprise des données, la formation et les intégrations. Chez nous, l’intégration d’une boutique en ligne à un ERP coûte 6 000 CHF et sa maintenance 60 CHF par mois hors TVA.
Un ERP cloud vous donne un accès depuis partout, avec les mises à jour et les sauvegardes du côté du fournisseur. Votre propre serveur vous donne le contrôle complet, mais les mises à jour, les sauvegardes et l’accès à distance sont à votre charge. Avec le cloud, vérifiez dans le contrat les conditions d’export des données et de changement de fournisseur : les règles du Data Act européen protègent les clients dans l’Union, pas les entreprises en Suisse.
Dites-nous quels programmes vous utilisez et où quelqu’un ressaisit aujourd’hui des données à la main.
Nous vous aiderons à juger si une connexion suffit ou s’il faut un pas plus grand.
Nous ne vendons pas d’ERP : si vous n’avez besoin d’aucune intégration, nous vous le dirons.
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