Ce que coûte un créateur de site après la première année, quatre mécanismes cachés dans les grilles tarifaires et ce que vous emportez en partant.

On achète en général un créateur de site internet pour une seule raison : ne pas payer de prestataire. Le calcul se fait de tête en trente secondes — une vingtaine de francs par mois au lieu de quelques milliers une fois, et le site est en ligne pour le week-end.
Ce texte ne dit pas si cela vaut la peine. Il dit ce qui manque dans ce calcul — parce que le chiffre que vous y inscrivez est en général un prix d’appel, valable sous engagement ou pour la première année, et pas le prix du produit ; et parce que votre propre temps n’y figure sur aucune ligne.
Commençons par un fait qui le montre sans commentaire. Sur la grille de Wix, l’étiquette « Save 50% » figure à côté des forfaits Core, Business et Business Elite — pas à côté de Light, le forfait d’entrée. Light n’offre pourtant que 2 Go d’espace contre 50 Go pour Core, deux collaborateurs au lieu de cinq, et aucun paiement en ligne. Sur une grille Wix d’un autre marché que nous avons relevée en août 2026, le résultat était sans appel : Light coûtait plus cher par mois que Core, placé juste au-dessus. Nous n’avons pas pu lire les montants en francs suisses — la page les affiche par script, selon le pays du visiteur, et indique elle-même que prix et devise varient selon l’endroit —, mais le mécanisme, lui, se lit sur n’importe quelle version de la page.
Ce n’est pas une erreur dans un tableau. C’est un mécanisme — l’un des quatre que nous décrivons plus bas, et que l’on reconnaît au fait qu’il fonctionne quel que soit le prix du jour de chaque forfait.
Ces trois mots sont souvent employés l’un pour l’autre, et c’est le premier coût, avant même la première facture. Ils ne diffèrent pas par les fonctions, mais par une question : louez-vous le site, ou le possédez-vous ?
ce que c’est | à qui sont le code et les données | ce que vous payez | exemples | |
|---|---|---|---|---|
Créateur de site | un service fermé par abonnement : éditeur, hébergement et domaine en un | au fournisseur — vous ne recevez pas le code | chaque mois, aussi longtemps que le site doit exister | Wix, Squarespace, Webflow |
Page builder | une extension visuelle posée sur un système ouvert, installé sur votre hébergement | à vous — les fichiers et la base sont chez vous | licence plus hébergement plus maintenance | Elementor, Divi, Gutenberg |
CMS | un système pensé pour la structure des contenus, pas pour cliquer une apparence | selon le choix | selon le choix | voir le texte dédié |
Cette différence décide de tout ce qui suit : le prix au bout d’un an, qui peut modifier le site, et ce qui en restera le jour où vous voudrez partir. Si vous cherchez un éditeur visuel sur votre propre WordPress, le bon texte est celui consacré au page builder WordPress. Si c’est la gestion de contenu sans développeur au sens large qui vous intéresse, lisez notre texte sur les CMS. Celui-ci traite de la première colonne.
Dans ce secteur, les prix changent tous les trimestres, et tout article bâti sur un tableau de montants est dépassé avant d’être indexé. Les mécanismes qui produisent ces montants, eux, ne changent pas : c’est donc eux qu’il faut apprendre. Nous les illustrons avec des grilles relevées le 21 septembre 2026 ; les chiffres servent à montrer le mécanisme, pas à promettre qu’ils sont les mêmes le jour où vous lisez.
C’est le cas de Wix, décrit en ouverture. Core, Business et Business Elite portent la mention « Save 50% » ; Light ne la porte pas et reste le seul forfait payé au prix catalogue. L’acheteur qui lit la grille par le bas — et c’est ce que lui apprend chaque « à partir de » — choisit un produit strictement moins bon, et peut le payer plus cher.
Conclusion pratique : lisez la grille par le haut, et regardez à côté de quels forfaits figure le mot « remise ». Comparez ensuite les montants, pas l’ordre des colonnes.
Le deuxième mécanisme est plus répandu et plus coûteux. Le montant mis en avant est un prix d’entrée : il suppose que vous payiez un an d’avance, ou il ne vaut que pour la première année. Ce que vous paierez les années suivantes figure ailleurs sur la page, ou nulle part.
Squarespace le montre proprement, parce que sa page publie une grille en francs suisses pour la Suisse. Relevé du 21 septembre 2026 :
forfait | payé à l’année | payé au mois | soit, sur douze mois |
|---|---|---|---|
Basic | 180 CHF / an | 21 CHF / mois | 252 CHF |
Core | 252 CHF / an | 30 CHF / mois | 360 CHF |
Advanced | 324 CHF / an | 39 CHF / mois | 468 CHF |
Le « 15 CHF par mois » que l’on retient de Basic n’existe qu’à condition de payer 180 CHF d’un coup ; au mois, le même forfait coûte 21 CHF. La même page ajoute une ligne qui relève du même mécanisme : l’abonnement annuel comprend l’enregistrement gratuit du domaine pendant un an pour un nouveau site. La deuxième année, le domaine devient une ligne de facture. Wix affiche la même promesse, « Free domain for 1 year ».
Le prix affiché suppose un engagement — Squarespace en francs suisses, septembre 2026
Grille tarifaire Squarespace pour la Suisse, relevée le 21 septembre 2026
Tous les fournisseurs n’agissent pas ainsi, et il faut saluer ceux qui jouent franc jeu. Elementor, côté WordPress, affiche le prix de renouvellement à côté du prix promotionnel. Chez les créateurs de site, la règle est plutôt inverse : ce qui se passe à la deuxième année se cherche, il ne se lit pas.
Le troisième mécanisme se voit le mieux chez Webflow, dont la grille est publiée en dollars américains. Trois choses indépendantes y sont facturées : le forfait du site, l’espace de travail de l’équipe, et une place pour chaque personne.
Relevé du 21 septembre 2026 : un site de contenu sur le forfait Premium coûte 25 dollars par mois facturés à l’année ; l’espace de travail comprend une place complète, et chaque personne supplémentaire qui conçoit des pages coûte 39 dollars par mois — ou 15 dollars si elle se contente d’éditer le contenu. Une entreprise de deux personnes qui veulent toutes deux travailler sur le site paie donc 64 dollars par mois : plus de quatre fois les « 15 dollars » du forfait Basic, qui sont le chiffre que l’on reporte dans le tableau du budget.
Chez Wix, le même mécanisme prend une autre forme : le nombre de collaborateurs est une caractéristique du forfait — deux pour Light, cinq pour Core, dix pour Business, cent pour Business Elite. Si quelqu’un d’autre que vous doit modifier le site, ce n’est pas un détail, c’est une ligne de la grille.
Conclusion pratique : avant de comparer les forfaits, comptez les personnes qui se connecteront.
Le quatrième mécanisme est le plus coûteux, parce qu’il ne se révèle qu’en cours de route. Des choses qui sonnent techniques et paraissent évidentes sont réservées aux forfaits supérieurs. Chez Webflow comme chez Wix, relevé du 21 septembre 2026 :
Un cas à part dans la même catégorie : Webflow n’a pas de milieu de gamme. Le forfait Premium coûte 25 dollars par mois ; le suivant, Team, 2 500 dollars par mois, avec un contrat annuel. L’entreprise qui dépasse Premium ne monte pas d’un cran : elle migre.
Les forfaits gratuits existent vraiment, et la limite passe partout au même endroit. Sur Wix gratuit, le site vit à une adresse du type nom.wixsite.com/site, porte les marques de Wix, et le raccordement de votre propre domaine passe par un forfait payant. Webflow, avec son forfait Starter, donne une adresse en webflow.io, deux pages statiques, 1 Go de transfert et 50 envois de formulaire.
Pour une entreprise, cela veut dire une chose : un forfait gratuit convient pour que quelque chose existe, et à rien de ce qui doit être trouvé et avoir l’air de vous appartenir. Si c’est votre situation, toute la voie gratuite a son propre texte chez nous — site internet gratuit —, y compris les cas où une fiche d’établissement Google fait mieux qu’un site.
Le mot « générateur » ne désigne plus la même chose qu’il y a deux ans : on décrit son entreprise en une phrase et on obtient un site prêt en quelques minutes. Cette partie fonctionne, et il serait absurde de prétendre le contraire. La page blanche a cessé d’être un problème — et c’en était un vrai, parce que la raison la plus fréquente pour laquelle un site d’entreprise ne voit pas le jour n’est pas le prix, mais le fait que personne n’a écrit le premier paragraphe.
C’est pourtant tout ce qui a changé. Aucun des quatre mécanismes décrits plus haut ne fonctionne autrement quand c’est un modèle qui a généré le site. Le prix affiché suppose toujours un engagement. Les places dans l’équipe se paient toujours à part. Les redirections restent dans un forfait supérieur. Et un site généré dans un créateur fermé est exactement aussi transportable qu’un site cliqué à la main — c’est-à-dire, dans le cas de Wix, pas du tout.
Une ligne nouvelle apparaît en revanche dans le calcul : la génération est parfois un compteur à part. Sur la grille de Webflow relevée le 21 septembre 2026, chaque espace de travail comprend un contingent de crédits d’IA, et 2 000 crédits supplémentaires par mois coûtent 20 dollars par mois, facturés à l’année, indépendamment du forfait du site. C’est le même mécanisme que pour les places : ce qui semble faire partie du produit dans la description est une ligne distincte dans la grille.
En pratique, un générateur règle la première heure de travail, pas la décision. Les quatre seuils de la section suivante se posent de la même manière, que la première version du site ait été écrite par une personne ou par un modèle.
Beaucoup de gens ne cherchent pas un créateur de site, mais un logiciel de création de site web — quelque chose qui s’installe, comme on installe un logiciel de facturation. La réponse est aujourd’hui inhabituelle : pour un site d’entreprise, ce type de logiciel n’existe pratiquement plus, et ceux qui existent font autre chose que ce que l’on croit.
Le marché s’est scindé en trois, et une seule de ces trois choses publie un site :
Si, dans votre esprit, « logiciel de création de site » signifie « un outil avec lequel je fais mon site moi-même, et qui sera à moi », la réalisation la plus proche de cette idée n’est aucun logiciel : c’est votre propre WordPress avec un constructeur de pages. Le coût se répartit alors autrement : pas d’abonnement pour l’éditeur, mais un hébergement, une licence d’extension et de la maintenance.
Un créateur de site est un bon choix plus souvent que ne l’admet un secteur qui vit de la fabrication de sites. Il cesse de l’être à quatre moments précis — et tous les quatre se vérifient aujourd’hui, avant d’acheter quoi que ce soit.
Cochez ce qui est vrai de votre entreprise aujourd’hui. Plus le résultat est élevé, plus vous approchez de la limite au-delà de laquelle un créateur de site coûte plus qu’il ne fait économiser.
Les deux premiers seuils ont une solution dans le même outil — un forfait plus cher. Les deux derniers n’en ont pas, et c’est le bon moment pour parler d’autre chose. Si vous voulez voir à quoi ressemble le calcul de l’autre côté, le calculateur du coût de site web chiffre votre cas, et le calculateur du coût de maintenance ce qui se passe ensuite chaque mois. Pour situer ces résultats par rapport au marché, les médianes suisses sont dans notre guide du prix d’un site web.
L’exigence d’accessibilité mérite d’être vérifiée à part, avant que quiconque ne vous la facture : l’obligation est réelle, mais elle n’est pas universelle — qui est concerné et ce qu’il faut faire.
C’est la question qu’on ne pose pas à l’achat, et c’est elle qui décide du coût le plus élevé et le plus tardif. Nous avons vérifié la réponse chez trois fournisseurs, dans leur propre documentation, en septembre 2026 — et ils diffèrent davantage que ne le laisserait penser n’importe quelle comparaison de fonctions.
Wix : on n’emporte rien. La documentation de Wix indique en toutes lettres que le site doit fonctionner sur les serveurs de Wix (« your site must run on Wix's servers »), et la raison est architecturale : l’architecture SaaS ne prend pas en charge un hébergement externe, parce qu’elle repose sur une technologie propriétaire. Il n’y a pas de bouton d’export, et aucun n’est prévu. On peut exporter des données — produits, contacts, commandes en fichiers CSV —, pas le site.
Squarespace : l’export existe, au format de WordPress, avec une longue liste d’exceptions. D’après la documentation de Squarespace, le fichier XML emporte les pages de mise en page, un blog avec ses articles, les blocs de texte et d’image et les pages de galerie. Il n’emporte pas : les autres types de pages — dont les pages de boutique —, le contenu des en-têtes et pieds de page propres à une page, plus d’un blog, les blocs vidéo et audio, les blocs produits, les brouillons, les réglages de style et le CSS personnalisé. Une phrase à retenir à part : « It's not possible to export content from one Squarespace site and import it into another » — on ne transfère pas un contenu d’un site Squarespace vers un autre.
Webflow : l’export du code est une fonction payante, et il livre des fichiers statiques, pas un système de gestion de contenu qui fonctionne.
En pratique, quitter un créateur de site n’est donc pas un déménagement. Le travail se répartit en général ainsi :
quoi | ce qu’il en advient |
|---|---|
Apparence et mise en page | à refaire — l’export n’existe pas ou ignore les styles |
Textes et photos | à reprendre à la main, page par page, faute d’accès à la base |
Boutique, formulaires, réservations | à reconstruire de zéro dans le nouvel outil |
Adresses des pages | à recréer et à couvrir de redirections pour ne pas perdre de positions |
Domaine | la seule chose qui se transfère sans perte |
Autrement dit : quitter un créateur de site, c’est en pratique construire un nouveau site en ressaisissant le contenu à la main. Nous ne l’écrivons pas pour décourager qui que ce soit — nous l’écrivons pour que ce poste figure dans le calcul dès le départ, et non comme une surprise dans trois ans. Prenez donc l’ordre de grandeur dans le prix d’une création : dans notre propre grille, un site vitrine de 5 à 15 pages part de 3 500 CHF, et la médiane du marché suisse pour ce type de site est de 3 100 CHF d’après l’étude de prix Beyondweb (mise à jour le 2 septembre 2026, 161 agences passées en revue, prix tirés de 36 d’entre elles, 33 points de prix à ce palier). Une médiane est un ordre de grandeur, pas un prix. Ce que coûte au total un site bon marché, sortie comprise, est détaillé dans notre texte sur le site internet pas cher.
« Le meilleur créateur de site » est une question à laquelle répondent surtout des comparatifs rémunérés à l’inscription : plus il y a de personnes qui ouvrent un compte depuis leur lien, plus l’auteur du classement gagne. Nous ne prétendons pas que tous ces textes mentent. Nous disons que l’ordre y est fixé par autre chose que votre situation, et que cela ne se vérifie pas de l’extérieur.
Nous ne touchons de commission sur aucun des outils cités ici. Plutôt qu’une liste, nous proposons une règle : choisissez d’après la contrainte qui pèse le plus lourd dans votre cas.
Avant de mettre quoi que ce soit en ligne — quel que soit votre choix —, parcourez la liste des vérifications avant le lancement. La plupart des erreurs qui coûtent ensuite le plus cher se voient une demi-heure avant la publication.
Tout ce texte se ramène à quatre questions, qui prennent dix minutes et se posent sur le site du fournisseur, pas dans un moteur de recherche.
Si, au terme de ces quatre questions, un créateur de site vous suffit, il vous suffit vraiment. S’il ne suffit pas, c’est le bon moment pour réfléchir au périmètre, avant de payer une année d’avance.
Très souvent, oui — et c’est la réponse honnête, même si nous gagnons notre vie autrement. Si une seule personne modifie le site, qu’il n’y a ni vente en ligne ni intégration avec un système, un créateur de site fait exactement ce qu’il vous faut. Une question mérite pourtant d’être posée : celle de la sortie. Choisissez un fournisseur que vous pourrez quitter un jour.
Souvent plus que ce qu’on a retenu, et l’écart dépend du fournisseur. Chez Squarespace, d’après la grille suisse relevée le 21 septembre 2026, Basic coûte 180 CHF payé à l’année, mais 21 CHF par mois — 252 CHF sur douze mois — payé au mois, et le domaine offert la première année devient payant la deuxième. Avant d’acheter, cherchez sur la page du fournisseur les mots « renouvellement » et « facturé annuellement ».
Pas au sens d’un transfert. Wix ne permet pas d’exporter le site — sa documentation indique que le site doit fonctionner sur les serveurs de Wix. On peut exporter des données : produits, contacts, commandes. Les textes et l’apparence sont à reprendre et à reconstruire, et les adresses des pages à couvrir de redirections pour ne pas perdre de positions dans les moteurs de recherche.
Oui, mais pas avec le forfait gratuit. Sur Wix gratuit, le site a une adresse en wixsite.com et porte les marques du fournisseur ; votre propre domaine demande un forfait payant. C’est la règle, pas l’exception — chez Webflow, le forfait gratuit donne de même une adresse en webflow.io.
Rien ne permet de l’affirmer, et nous ne l’affirmons pas. Le créateur de site influe sur ce que vous pouvez régler — titres, descriptions, redirections, vitesse —, pas sur la façon dont le moteur de recherche traite la plateforme elle-même. Les problèmes de visibilité de ces sites viennent en général de ce qu’on ne peut pas modifier dans un forfait moins cher, pas du fait qu’ils ont été construits avec un créateur de site.
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