Gutenberg, Elementor ou Divi : la licence sur trois ans, les extensions que personne ne chiffre et trois seuils où le builder coûte plus qu’il ne rapporte.

Un site WordPress commence par une décision qui a l’air esthétique et qui est en réalité budgétaire : avec quoi allez-vous l’assembler ? WordPress lui-même est gratuit, et c’est la seule ligne de ce calcul sur laquelle tout le monde est d’accord.
Ce texte s’adresse à vous si vous avez déjà WordPress, ou si vous l’aurez bientôt, et que vous voulez savoir ce que coûte réellement la couche avec laquelle on le fait travailler. Il ne traite pas du choix de la plateforme : c’est une autre décision. Il ne traite pas non plus des créateurs de site comme Wix ou Squarespace, où le site est loué : d’autres règles s’y appliquent, et elles ont leur propre texte.
Un mot sur les montants qui suivent, parce qu’il conditionne leur lecture. Les éditeurs de constructeurs de pages ne publient pas de prix en francs suisses. Nous citons donc chaque tarif dans la devise où l’éditeur l’affiche, à la date où nous l’avons relevé, et nous ne le convertissons pas : un prix converti a l’air vérifié sans l’être, et il vieillit deux fois plus vite — avec le tarif et avec le cours. Les seuls montants en francs sont les nôtres.
La conversation sur « un site WordPress » mélange en général trois choses qui se paient séparément et tombent en panne séparément.
couche | ce qu’elle fait | ce qu’elle coûte |
|---|---|---|
WordPress | le moteur : base de contenus, utilisateurs, adresses | gratuit, mais il doit reposer quelque part — hébergement et domaine |
Le thème | l’apparence et la structure des gabarits | de gratuit à une licence unique ou annuelle |
L’éditeur visuel | ce avec quoi vous composez les pages sans code | c’est ici que vit l’abonnement dont parle ce texte |
La troisième couche est ce qu’on appelle un page builder, ou constructeur de pages : Gutenberg, Elementor, Divi. Elle n’est pas obligatoire — et c’est par là que nous commençons, parce que c’est la question que presque personne ne pose.
Si, à ce stade, vous vous demandez si WordPress est vraiment le bon choix plutôt qu’un système pensé pour la structure des contenus, c’est une autre décision, qui a son propre texte sur les systèmes de gestion de contenu. Ici, nous partons du principe que WordPress est choisi.
Gutenberg est l’éditeur intégré à WordPress. Dans la version que l’on a connue en 2018, il ne composait que le contenu d’un article, et sa mauvaise réputation était méritée. Aujourd’hui, il s’appelle Site Editor et fait ce pour quoi on achète d’habitude un constructeur de pages.
D’après la documentation de WordPress — mise à jour pour la version 7.1, dernière révision le 14 septembre 2026 —, le Site Editor permet de concevoir « le site entier, y compris l’en-tête, le pied de page et tout ce qu’il y a entre les deux ». Il couvre les styles globaux (couleurs, typographie, mise en page pour tout le site), les gabarits et leurs parties, la navigation et la gestion des pages. Il permet aussi d’exporter le thème, gabarits et styles compris, sous forme d’archive zip.
La condition que la plupart des textes taisent est unique, et elle tranche tout : le Site Editor n’est disponible qu’avec un thème à blocs. Si votre site repose sur un thème classique — c’est le cas de la majorité des installations existantes —, vous ne verrez tout simplement pas le Site Editor dans l’administration. Passer à un thème à blocs n’est pas un interrupteur : c’est une refonte de l’apparence.
En pratique, cela partage les lecteurs en deux groupes :
C’est une réponse que vous ne trouverez pas dans les textes consacrés aux page builders, pour une raison simple : il n’y a rien à vendre dessus.
Elementor est le constructeur de pages le plus répandu sur WordPress, et sa page de tarifs a une qualité qu’il faut nommer : elle indique que le renouvellement se fait au prix normal, et elle affiche ce prix à côté du prix promotionnel. Beaucoup de créateurs de site ne le font pas.
Une particularité d’abord : les montants s’affichent par script, selon le pays depuis lequel vous consultez la page. Dans le catalogue que la page charge, nous avons relevé le 21 septembre 2026 des montants identiques en dollars et en euros, et aucun en francs. Nous les citons donc en dollars américains, tels que publiés et sans conversion.
forfait | première année | renouvellement |
|---|---|---|
Essential | 60 USD / an | inchangé |
Advanced Solo | 84 USD / an | inchangé |
One | 180 USD / an | 228 USD / an |
One Agency | 432 USD / an | 540 USD / an |
Les prix de renouvellement de la dernière colonne proviennent de notre relevé du 26 août 2026 : le 21 septembre, la page les insérait par script sans que nous puissions les lire dans son code. Ils valent donc comme ordre de grandeur daté, pas comme devis.
Autrement dit, le forfait que vous achetez 180 dollars en coûte 228 dès la deuxième année — environ 27 % de plus. C’est le même mécanisme que celui que nous décrivons pour les créateurs de site, sauf qu’ici il est annoncé honnêtement et à l’avance.
Elementor fait une autre chose qu’il vaut la peine d’exploiter : il publie la valeur de chacun des modules inclus dans les forfaits supérieurs — optimisation des images 60 dollars par an, accessibilité 120 dollars, délivrabilité des e-mails 60 dollars. Pour vous, c’est une liste toute faite de ce que vous paierez à part si vous restez sur un forfait inférieur. Reportez-la dans votre propre calcul avant de comparer les forfaits.
Le deuxième constructeur de pages qui pèse réellement est Divi. Il compte non parce qu’il ferait quelque chose qu’Elementor ne fait pas, mais parce qu’il a un autre modèle de facturation — et c’est la seule différence qui se voit sur la facture au bout de trois ans.
Tarifs relevés chez l’éditeur le 21 septembre 2026, en dollars américains, sans conversion :
forfait | prix | et ensuite |
|---|---|---|
Divi (annuel) | 70 USD / an | abonnement annuel, sites illimités |
Divi Pro (annuel) | 199 USD / an | idem, plus des services complémentaires |
Divi Lifetime | 199 USD une fois | « Never pay again for Divi » |
Divi Lifetime + Pro | 220 USD une fois | plus 150 USD par an pour les services Pro |
Un détail en dit long sur toute la catégorie : deux semaines plus tôt, le 9 septembre, les mêmes forfaits affichaient 89, 236 et 249 dollars. Les montants bougent d’un mois à l’autre, au gré des promotions. Le modèle, lui — abonnement annuel ou licence à vie —, ne bouge pas. C’est donc lui qu’il faut comparer.
Mettons cela en regard sur trois ans, en ne comptant que la licence de l’éditeur — l’hébergement, le domaine et les extensions sont les mêmes quel que soit le choix. Chaque ligne reste dans la devise de l’éditeur :
année 1 | 3 ans au total | |
|---|---|---|
Gutenberg (Site Editor) | 0 | 0 |
Divi Lifetime | 199 USD | 199 USD |
Divi annuel | 70 USD | 210 USD |
Elementor One | 180 USD | 636 USD |
La réserve sans laquelle ce tableau serait malhonnête : ce ne sont pas des produits identiques en fonctions. Les forfaits diffèrent par ce qu’ils ajoutent — Elementor One contient des choses qu’il faut acheter à part dans le forfait Pro de Divi, et inversement. Nous comparons le coût de la licence de l’éditeur, pas le périmètre. Mais c’est précisément ce coût de licence qui est le plus souvent omis dans les offres, et sur trois ans l’écart entre les lignes extrêmes dépasse six cents dollars pour exactement le même site.
La conclusion pratique n’est pas « achetez Divi ». Elle est : avant de choisir un constructeur de pages, vérifiez si l’éditeur vend une licence unique, et calculez sur trois ans, pas sur la première année. C’est une question qu’aucune offre de réalisation ne pose, parce que la licence est en général transférée à votre nom à la fin du projet — renouvellement compris.
Hors de l’éditeur, deux postes faussent régulièrement le calcul d’un site WordPress, tous deux pour la même raison : le prix que vous voyez n’est pas celui que vous paierez.
L’hébergement se juge sur la première année. Le montant affiché en grand chez un hébergeur est celui de la première année ; le prix de renouvellement est un second chiffre, publié ailleurs ou pas du tout, et l’ordre des formules dans la publicité ne dit rien de l’ordre des factures sur trois ans. Nous ne publions pas de grille d’hébergeurs suisses, parce que nous ne l’avons pas relevée nous-mêmes ; le mécanisme et les questions à poser sont dans notre guide de l’hébergement. Pour fixer un ordre de grandeur, voici nos propres tarifs, hors taxes : hébergement mutualisé 15 CHF par mois, domaine et certificat 18 CHF par an — soit 198 CHF par an pour le socle d’un site vitrine. Le détail d’une année complète se trouve dans le texte consacré au nom de domaine et à l’hébergement.
Le thème est parfois acheté deux fois. Erreur fréquente : une entreprise achète un thème premium pour son apparence, puis ajoute un constructeur de pages qui remplace de toute façon cette apparence. Vous payez alors deux couches qui font la même chose, et le site charge les scripts des deux. La règle qui remet de l’ordre : si vous composez vos pages avec un constructeur, le thème doit être léger et neutre. Si c’est le thème qui porte l’apparence, le constructeur est superflu.
La facture d’un site WordPress ne dérape pas sur la licence du constructeur, mais un étage plus bas. Les extensions ont l’air gratuites jusqu’au jour où vous avez besoin d’une fonction précise.
Nous n’avons pas besoin de l’estimer : l’éditeur le fait lui-même. Sur sa propre page de tarifs, consultée le 21 septembre 2026, WooCommerce indique que le cœur est gratuit, sans abonnement ni commission sur le chiffre d’affaires — et que les extensions coûtent de 29 à 299 dollars par an et par extension. L’hébergement d’une boutique, selon l’estimation de WooCommerce lui-même, se situe entre 25 et 350 dollars par mois, et WooPayments prélève environ 2,50 à 2,90 % plus 30 cents par transaction — vérifiez sa disponibilité pour le pays de votre société avant d’en faire un poste du budget.
Trois extensions payantes — et trois, c’est peu dès qu’il vous faut le paiement, la livraison et la facturation — représentent de 87 à 897 dollars par an. Ce seul poste peut dépasser tous les autres réunis.
La facture annuelle d’un site d’entreprise sous WordPress
Grille Digital Vantage et tarifs publiés par les éditeurs, septembre 2026, sans conversion de devises
La conclusion à emporter dans la discussion avec votre prestataire : demandez la liste des extensions, avec le prix et la date de renouvellement de chacune, avant de signer. Pas « environ tant par mois pour la maintenance » : la liste. Si le prestataire ne l’a pas, c’est qu’il ne l’a pas calculée — et c’est vous qui paierez.
On achète un constructeur de pages pour ne pas attendre un développeur. Il cesse d’être rentable à trois moments précis — et chacun se vérifie au lieu de se deviner.
Premier seuil : le site ne tient plus dans son budget de performance. Chaque widget du constructeur ajoute ses propres scripts, ses styles et ses couches de div. L’effet se mesure : Lighthouse émet un avertissement quand le `body` dépasse environ 800 nœuds, et déclare l’audit échoué au-delà d’environ 1 400 (documentation Chrome). La même documentation en donne les raisons : les nœuds invisibles alourdissent le transfert et le temps de chargement, le navigateur doit recalculer sans cesse leur position et leurs styles, et les scripts qui conservent des références à de nombreux nœuds peuvent saturer la mémoire d’un téléphone. Pour le vérifier : le test de vitesse de site web sur votre propre adresse, rubrique taille du DOM.
Deuxième seuil : la mise à jour devient un risque plutôt qu’une routine. C’est une extension qui produit la mise en page de votre site. Elle a son propre auteur et son propre calendrier de versions — tout comme le thème et chacune des autres extensions. Plus il y a d’auteurs indépendants impliqués dans l’apparence de la page d’accueil, plus il est probable qu’une mise à jour déplace quelque chose que personne n’a touché. Pour le vérifier : comptez combien d’extensions distinctes devraient fonctionner correctement pour que la page d’accueil soit demain identique à aujourd’hui. Si vous ne connaissez pas ce nombre, c’est la première réponse. Le sujet revient assez souvent pour avoir chez nous son propre texte sur les mises à jour.
Troisième seuil : cliquer prend plus de temps qu’écrire. C’est le moment où le constructeur cesse de faire ce pour quoi vous l’avez acheté. On le reconnaît à la phrase « je vais plutôt copier une page existante et remplacer les textes » — ce qui signifie que l’outil n’a plus de quoi composer une page nouvelle. Pour le vérifier : à la prochaine page, mesurez le temps. Ne l’estimez pas, mesurez-le.
Le premier seuil se règle à l’intérieur de l’outil — moins de widgets, un thème plus léger. Le deuxième et le troisième, en général, non.
Dans l’univers des créateurs de site fermés, la question n’existe pas : le compte est ouvert à votre nom dès le premier jour. Avec votre propre WordPress, les licences sont généralement achetées par le prestataire, en cours de projet, avec sa carte. Et très souvent, cela en reste là.
La conséquence n’apparaît qu’au premier renouvellement ou à la séparation. Le site continue de fonctionner — l’extension ne cesse pas soudain de composer les pages —, mais il ne reçoit plus de mises à jour, parce que la clé de licence appartient à quelqu’un d’autre. Pendant quelques mois, rien ne se passe ; puis arrive un correctif de sécurité que vous ne pouvez pas installer.
Divi rend cette situation particulièrement facile à manquer, et cela découle directement de sa grille : le forfait annuel couvre un nombre illimité de sites. Une agence peut donc faire tourner votre site sur sa licence unique, en toute légalité et sans que rien ne vous le signale. Tant que la collaboration dure, c’est pratique pour les deux parties. Le jour où elle prend fin, votre site se retrouve sans clé.
Quatre points à régler par écrit, avant la fin de la réalisation — tous gratuits si vous les posez à temps, tous coûteux si vous les posez plus tard :
Si la réponse à l’une de ces questions est « le prestataire », ce n’est pas un problème en soi — tant qu’elle est écrite, et que vous savez ce que coûte le changement.
C’est l’endroit où votre propre WordPress l’emporte sur les créateurs de site fermés, et il vaut la peine de savoir pourquoi, car la différence est concrète, pas idéologique.
Le contenu et la base de données sont à vous. Articles, pages, médias, utilisateurs et adresses se trouvent dans une base à laquelle vous avez accès. Rien à voir avec Wix, dont la documentation dit en toutes lettres que le site doit fonctionner sur ses serveurs. Le Site Editor permet en outre d’exporter le thème avec ses gabarits et ses styles.
Ce qui ne se transporte pas, c’est la mise en page. Une page composée dans Elementor est enregistrée avec ses propres balises. Une fois l’extension désactivée, le contenu reste, la mise en page non — c’est le coût réel du changement, mais il se compte en travail sur l’apparence, pas en réécriture du contenu depuis zéro. C’est exactement la moitié du travail que l’on n’économise pas en quittant un créateur de site fermé.
Ce que coûte une telle opération, nous le détaillons dans le texte sur le vrai coût d’un site pas cher. Si vous vous demandez plutôt s’il faut rester sur WordPress, la réponse est dans notre texte sur l’architecture headless, ou dans un court quiz.
Pas toujours, et cela vaut la peine de le vérifier avant d’acheter. Le Site Editor intégré à WordPress conçoit l’en-tête, le pied de page, les gabarits et les styles globaux — c’est-à-dire ce pour quoi on achète d’habitude un constructeur de pages. Une seule condition : il vous faut un thème à blocs. Sur un thème classique, le Site Editor n’existe pas, et un constructeur de pages est alors souvent le chemin le plus simple.
D’après le catalogue de l’éditeur relevé le 21 septembre 2026, sans prix en francs : Essential 60 dollars, Advanced Solo 84 dollars, One 180 dollars la première année, One Agency 432 dollars. Au renouvellement, d’après notre relevé du 26 août 2026 : 228 dollars pour One et 540 dollars pour One Agency. S’y ajoutent les extensions, qui ne font pas partie de la licence du constructeur.
La partie fixe est prévisible : chez nous, hébergement mutualisé 15 CHF par mois et domaine avec certificat 18 CHF par an, soit 198 CHF par an hors taxes, plus la licence du constructeur si vous en prenez un — à partir de 60 dollars par an chez Elementor, ou une licence à vie chez Divi. La partie variable, ce sont les extensions, et c’est elle qui décide : WooCommerce les chiffre lui-même entre 29 et 299 dollars par an et par extension. D’où l’intérêt de demander, avant de signer, la liste des extensions avec leurs prix plutôt qu’un montant unique « pour la maintenance ».
Pas directement — le moteur de recherche n’évalue pas l’outil avec lequel la page a été composée. Indirectement, cela peut arriver, par la performance : les constructeurs ajoutent des scripts et des couches de balises, et Lighthouse avertit au-delà de 800 nœuds dans le body et déclare l’audit échoué au-delà de 1 400. C’est un effet de l’usage, pas de l’outil lui-même, et il se mesure sur votre propre adresse.
Si vous partez de zéro, commencez par Gutenberg sur un thème à blocs : il ne coûte rien, n’ajoute pas de couche d’extension et gère l’en-tête, le pied de page, les gabarits et les styles globaux. Vous achèterez un constructeur de pages le jour où vous tomberez sur une chose précise que le Site Editor ne sait pas faire — et vous saurez alors ce que vous payez. L’ordre inverse, un constructeur « au cas où », revient à payer chaque année des possibilités dont vous n’aurez peut-être jamais besoin.
Le site continue de fonctionner — une licence expirée ne désactive pas la mise en page. En revanche, les mises à jour cessent d’arriver, correctifs de sécurité compris, et pour une extension qui gère l’apparence de toutes les pages, c’est un risque qui grandit avec le temps. Profitez-en pour vérifier sur quel compte cette licence se trouve : lors d’une réalisation, c’est en général le prestataire qui l’achète.
Le contenu oui, la mise en page non. Les pages composées dans Elementor sont enregistrées avec ses balises : une fois l’extension désactivée, les articles et les pages restent, mais leur mise en page est à reconstruire. C’est la moitié du travail d’une migration — l’autre moitié, la réécriture manuelle du contenu, concerne les créateurs de site fermés, pas votre propre WordPress.
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