Quatre questions pour savoir s’il faut refaire votre site ou s’il suffit de l’améliorer. Avec un arbre de décision, et le risque qui coûte le plus cher.

Deux projets différents, deux factures différentes, et une seule décision qui se prend généralement au jugé — le plus souvent après que quelqu’un dans l’entreprise a dit que le site « fait vieux ».
Une refonte change les fondations — l’architecture, le moteur, la manière dont le contenu arrive sur les pages, souvent aussi l’image. Une optimisation tire le maximum de ce qui existe déjà. Les confondre coûte la différence entre une facture de corrections et celle d’un nouveau site ; et plus souvent qu’un surcoût, il arrive pire : une refonte là où une correction aurait suffi, avec au passage la perte de positions pour lesquelles le site avait travaillé pendant des années.
Voici les quatre questions qui tranchent, la description des deux voies — ce que chacune recouvre réellement et combien de temps elle prend — et un risque dont les offres ne parlent pas.
Refonte ou optimisation — quatre questions
Analyse interne
Ce que vous trouverez dans cet article. Quatre questions fermées avec un arbre de décision, la description des deux voies — ce que recouvre réellement l’optimisation et comment une refonte se déroule, étape par étape — et ce que les offres ne disent pas : ce que deviennent les adresses des pages quand on change de système. À la fin, quatre choses à faire avant que quiconque n’établisse un devis.
L’ordre n’est pas le fruit du hasard — chaque question n’a de sens que si la précédente a reçu une réponse favorable. Le premier « non » clôt le diagnostic et indique une refonte ; il faut quatre fois « le site va bien » pour arriver à l’optimisation.
1. Le site fonctionne-t-il correctement sur téléphone ? Pas dans l’aperçu sur ordinateur : sur votre propre téléphone, dans des conditions ordinaires — dans le tram, avec une mauvaise couverture, d’une seule main. Si le menu ne se déplie pas, si le formulaire ne se remplit pas ou si le texte oblige à zoomer, ce n’est pas une question de corrections. On n’ajoute pas l’adaptation aux écrans à un site qui ne l’a pas — c’est la couche sur laquelle tout le reste repose qu’il faut refaire.
2. Votre équipe peut-elle ajouter une page sans développeur ? Une page ordinaire, avec du texte et une photo, en une heure, sans envoyer d’e-mail au prestataire ni attendre trois jours. Si ce n’est pas le cas, chaque changement futur coûtera et attendra. Un site sur lequel on ne peut rien changer cesse d’être mis à jour — et il vieillit plus vite que son apparence, parce qu’il décrit une offre qui n’existe plus.
3. Ajouter une nouvelle fonction exige-t-il un contournement ? Un moyen de paiement, une intégration avec le système de gestion des stocks, une deuxième langue, un espace client. Si la réponse est « c’est possible, mais il faut contourner » ou « c’est moins cher de tout refaire », c’est de la dette technique — la raison de refonte la plus souvent négligée, parce que le site peut, en même temps, avoir une allure tout à fait correcte et un trafic honorable. Son coût ne figure sur aucune facture ; il se manifeste dans ce que l’entreprise ne fait pas, parce que « sur notre site, ce n’est pas possible ». En Suisse, la deuxième langue est souvent le cas d’école : si l’ajouter revient à dupliquer le site entier à la main, la réponse à cette question est déjà « oui ».
4. Y a-t-il du trafic depuis le moteur de recherche, mais pas de demandes ? Si les gens entrent et ne laissent rien, c’est un travail d’optimisation — et le moins cher de toute cette liste, puisque la matière existe déjà. S’il n’y a aucun trafic, aucune des deux voies n’est la bonne : le problème est dans la visibilité, et c’est par elle qu’il faut commencer. Le site le mieux conçu du monde ne convertira personne s’il n’a pas de visiteurs.
Les questions sont simples, mais on y répond souvent de mémoire — et en la matière la mémoire se trompe facilement, parce que le propriétaire voit son site tous les jours et a cessé de remarquer ce qui n’y fonctionne pas.
Pour la question 1, il suffit de votre téléphone et de cinq minutes : la page d’accueil, une page d’offre, le formulaire de contact. Vérifiez qu’on peut envoyer une demande sans zoomer, que le menu se déplie, et que les photos ne poussent pas le texte hors de l’écran. Si quelqu’un dans l’entreprise a un téléphone plus ancien — demandez-lui, parce que c’est sur le matériel que personne dans l’équipe n’utilise qu’on voit le plus de problèmes.
Pour la question 2, demandez à la personne qui doit le faire au quotidien d’ajouter une page vide et d’y placer un paragraphe avec une photo. Ne demandez pas si « c’est possible » — demandez-lui de le faire devant vous. La différence entre « en théorie, oui » et « en pratique personne ne le fait, parce qu’à chaque fois quelque chose casse » apparaît dans les dix premières minutes.
Pour la question 3, rappelez-vous les trois dernières demandes adressées au prestataire, et le temps qu’elles ont pris. Si la réponse à chacune a été « c’est possible, mais ce sera une plus grosse transformation », c’est déjà une réponse — simplement payée par tranches.
Pour la question 4, il faut Search Console, onglet des performances, période de trois mois. Deux chiffres : les impressions et les clics. Des milliers d’impressions et une poignée de clics veulent dire que le problème est dans les titres et les descriptions, pas dans le site. L’absence d’impressions veut dire que le site n’est tout simplement pas dans la partie.
Cet article part de vos symptômes — de ce qui ne fonctionne pas sur le site. Si la raison est une exigence extérieure — fin du support d’une version logicielle, règles d’accessibilité ou changements dans les navigateurs — c’est un autre travail et un autre périmètre. Nous le décrivons dans le texte sur la modernisation d’un site internet.
En dehors des quatre questions, il y a des situations où la décision est évidente, même si on la repousse parfois pendant des années :
Ce qui ne figure pas sur cette liste et ne doit pas y figurer : « il ne me plaît pas ». C’est une raison de parler de graphisme, pas de refonte — et la manière la plus chère de résoudre un problème qui, le plus souvent, n’est pas celui du client, mais du propriétaire. Le client ne compare pas votre site avec ce que vous avez vu lors d’une conférence. Il le compare avec trois autres du même secteur, ouverts dans les onglets voisins.
Le mot sert souvent de parapluie à tout, alors mieux vaut le décomposer en types de travail concrets. Chacun répare autre chose, et chacun se chiffre séparément :
Le contenu et l’organisation des pages. Réécrire les rubriques pour qu’elles répondent aux questions dans l’ordre où le client les pose. Ajouter une fourchette de prix, ou ce qui la fait varier. Raccourcir le formulaire. Placer le contact là où le lecteur est prêt à le laisser, et pas seulement tout en bas.
La performance. Compression et bons formats d’images, suppression des scripts que personne n’utilise, meilleur ordre de chargement. L’effet se mesure le jour même et ne demande l’accord d’aucun moteur de recherche.
Le SEO technique. Titres et descriptions, structure des titres, maillage interne, plan du site, suppression des pages qui se disputent la même requête. C’est le plus souvent ce travail qui débloque le trafic — pas un nouveau contenu. Sur un site en plusieurs langues, la liaison correcte entre les versions linguistiques d’une même page en fait partie.
La mesure. Compter correctement les demandes, les appels et les formulaires envoyés. Sans cela, chaque changement suivant se juge à l’impression, pas au résultat — c’est la première chose à faire avant de toucher à quoi que ce soit.
Si vous voulez procéder de manière systématique, nous avons une liste de contrôle pour auditer soi-même son site — sans inscription.
Mieux vaut savoir à quoi l’on s’engage, parce que la moitié du travail incombe au client, et c’est cette moitié qui allonge le plus souvent le délai.
Cinq étapes d’une refonte, et de quel côté se trouve le travail
Analyse interne
Étape 1 — le cadrage. Pourquoi ce site doit exister, à qui il parle, comment il est organisé. C’est une conversation, pas une tâche pour le prestataire ; nous l’avons détaillée dans le texte sur les cinq décisions à prendre avant le projet. Sauter cette étape ne fait pas gagner de temps — cela le reporte à la fin, quand les corrections coûtent le plus cher.
Étape 2 — les contenus. La cause de retard la plus fréquente de tout le projet. Textes, photos, descriptions des services, éléments pour les références. S’ils doivent être produits de votre côté, commencez à les écrire le jour de la signature, pas le jour où le prestataire vous les demande. Sur un site en plusieurs langues, prévoyez dès ce moment qui rédige ou relit chaque version : une traduction livrée la veille du lancement est une traduction que personne n’a relue.
Étape 3 — la conception et la réalisation. Cette partie revient au prestataire, et c’est généralement la plus prévisible.
Étape 4 — le transfert des adresses. Nous y revenons plus bas, parce que c’est la seule étape dont l’oubli coûte après la mise en ligne, et non pendant.
Étape 5 — le premier mois après le lancement. Observation, corrections, et vérification que ce qui devait s’améliorer s’est bien amélioré. Un projet qui se termine le jour du lancement se termine au pire moment possible.
C’est la partie à lire, même si vous sautez le reste.
L’optimisation est une évolution — le site reste là où il était, et le risque est faible. La refonte est une révolution, avec un coût qu’on ne voit pas dans le devis : les adresses des pages. Un nouveau système, c’est généralement une nouvelle structure d’adresses. Chaque ancienne adresse qui cesse de fonctionner, c’est une position dans le moteur de recherche construite pendant des années et effacée le jour de la mise en ligne.
Google décrit la procédure noir sur blanc : avant la migration, préparer la correspondance entre anciennes et nouvelles adresses, tirer la liste des plus importantes du plan du site, mettre en place les redirections et surveiller les deux ensembles après le lancement. Cela ressemble à une formalité, et c’est la première chose qui saute du planning quand l’échéance glisse.
Sur un site en plusieurs langues, le travail se multiplie sans changer de nature : chaque version linguistique est un ensemble d’adresses à part, qu’il faut faire correspondre séparément, et les liens qui relient entre elles les versions d’une même page doivent pointer vers les nouvelles adresses, pas vers les anciennes. C’est précisément l’endroit où une liste établie « de mémoire » oublie une langue entière.
Nous avons vu ce que cela donne quand on l’oublie — sur notre propre site. En faisant le ménage dans le blog, nous avons trouvé onze adresses qui, pendant seize mois, répondaient par un code 200 avec le contenu d’une page 404. C’est la pire réponse possible : pour l’utilisateur la page n’existe pas, et pour le robot elle a l’air de fonctionner, donc il n’a aucune raison de la remplacer ni de signaler un problème. Personne ne l’a remarqué, parce que les statistiques ne montrent pas les adresses que plus personne ne visite.
La leçon est concrète et vaut pour n’importe quelle migration : vérifier que les redirections existantes fonctionnent ne dit rien des adresses qui n’en ont jamais reçu. Chez nous, quarante sur quarante fonctionnaient — et la liste était pourtant incomplète. Il faut poser la question dans l’autre sens : prendre toutes les adresses que connaît le moteur de recherche, retirer celles qui répondent et celles qui redirigent, et regarder ce qui reste.
Trois choses à faire figurer dans le contrat, ou au moins dans un e-mail, avant que la refonte ne démarre :
Ce ne sont pas des exigences techniques. Ce sont trois phrases qui séparent une refonte d’une refonte qui se termine par la perte de ce que le site avait eu le temps de construire.
Franchement : nous n’avons pas de données de marché sur les refontes, et nous ne les inventerons pas. La seule étude défendable du marché suisse que nous connaissions, celle de Beyondweb, porte sur des sites neufs — pas sur des refontes. Les montants de refonte qui circulent en ligne n’ont généralement aucune mesure derrière eux, et recopiés d’article en article, ils finissent au bout d’un an par ressembler à un fait.
Ce que l’on peut dire à partir de ce qui a été mesuré :
L’optimisation se facture autrement, parce que c’est un travail sur un site existant : à l’heure, généralement en forfaits mensuels ou en mandats ponctuels au périmètre défini. C’est pourquoi comparer « combien coûte une refonte, et combien une optimisation » avec un seul indicateur ne fonctionne pas — ce sont deux unités de facturation différentes.
Elle a du sens quand la refonte est décidée, mais pas pour tout de suite : vous améliorez ce qui peut l’être sans toucher aux fondations — la vitesse, le contenu, les formulaires — et vous planifiez la refonte pour le moment où il y aura le budget et une raison. C’est gérer un ordre de priorités, pas éviter une décision. À une condition : une date dans l’agenda, et un indicateur qui dira que le moment est venu.
C’est une excuse quand la réponse à la question 1, 2 ou 3 est « non », et que vous ajoutez pourtant, trimestre après trimestre, des corrections à un site dont il faut changer les fondations. La somme de ces corrections dépasse généralement, au bout de deux ans, le coût d’une refonte — à cette différence près qu’il n’en reste rien, puisque tout a atterri dans un système qu’il faut remplacer de toute façon.
Quatre choses à faire cette semaine, sans dépenser un franc. Elles vont directement dans la demande d’offre, et elles raccourcissent de moitié la conversation avec le prestataire :
Si vous voulez vérifier que vous mesurez bien ce qu’il faut avant de changer quoi que ce soit, nous l’avons décrit dans le texte sur les KPI d’un site web.
Pour aller plus loin. Cinq décisions avant le projet met de l’ordre dans ce qu’il faut établir avant qu’une refonte ne démarre. Les KPI d’un site web décrivent comment mesurer si l’une ou l’autre voie a fonctionné.
Au premier « non » dans les quatre questions du début du texte. Si le site ne fonctionne pas sur téléphone, si on ne peut pas le modifier soi-même ou si chaque nouvelle fonction exige un contournement — c’est une refonte. La lassitude devant son apparence n’est pas un critère.
Pas nécessairement, mais le risque est réel et il concerne les adresses. Si les pages changent d’adresse sans redirection, le moteur perd ce qu’il savait d’elles. C’est l’erreur la plus fréquente et la plus coûteuse de cette opération — et sur un site en plusieurs langues, elle se produit langue par langue.
Oui, et c’est parfois la seule option pour une boutique en activité. Procéder par étapes a du sens quand cela découle de contraintes, pas d’indécision — sinon, on finit généralement avec deux sites inachevés à la fois.
En règle générale, une fraction du coût d’une refonte, puisque la matière existe déjà. Si le devis d’optimisation s’approche de celui d’un site neuf, c’est le signe que le prestataire voit le problème plus profond qu’on ne l’a décrit — demandez-lui où.
Les réponses aux quatre questions de ce texte, la liste des adresses qui doivent survivre, et le nom de la personne qui tiendra le site après la mise en ligne. Sans cela, les devis ne se comparent pas d’un prestataire à l’autre.
C’est une troisième voie, qui ne tient pas dans cet article. La refonte et l’optimisation partent de vos symptômes — de ce qui ne fonctionne pas pour vous. Les exigences extérieures, comme l’accessibilité, la version logicielle ou les changements dans les navigateurs, s’imposent indépendamment et demandent un autre travail : la modernisation.
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